Imprimer cette page

Témoignage de Sylvie Nicolas (PNR Loire Anjou Touraine)

Témoignage de Sylvie Nicolas, chargée de mission du Parc naturel régional Loire Anjou Touraine, organisatrice d’un débat le 4 mai 2011.

 

1/ Dans quel contexte avez-vous organisé le débat ?

J’ai profité d’une réunion de la commission Eco-Développement du Parc naturel régional Loire Anjou Touraine (PNRLAT) pour organiser un débat sur « ce qui compte pour nous ». Etaient présents des élus, des agents du parc, des consulaires et des ambassadeurs du parc. Puisque le PNRLAT réunit des communes du Maine-et-Loire (49) et d'Indre-et-Loire (37), nous avons également jugé bon de faire participer les acteurs du 37,  pour voir s’il y avait des points de vue différents. Cependant il n’y a pas eu de fortes oppositions, car les territoires sont très similaires et les participants  étaient sur la même longueur d’onde.

Nous étions 24 participants, répartis en trois groupes de travail et Philippe PIAU, habitant du Parc et membre de l’équipe projet « Nouveaux Indicateurs », est venu nous épauler. Le débat a bien pris et a fonctionné tout de suite. Certes il a nécessité une bonne organisation en amont, mais cela a été facilité par tous les conseils fournis dans le site « boiteàoutils ».

 

 

2/ Pourquoi avoir voulu mener un débat au sein du Parc ?

Le thème des questions était intéressant pour nous, pas seulement en réponse aux attentes de la région, mais aussi parce que nous sommes sur un territoire Parc.

Notre premier souhait était de faire remonter des informations venant d’habitants d’un territoire de Parc et de voir, à travers ce questionnement, comment ils se positionnaient.

En fonction des territoires interrogés, les visions peuvent être différentes et c’est ce croisement de regards que nous souhaitions faire remonter à la région. Au final, nous nous sommes rendus compte qu’il y a de nombreuses convergences dans les approches de nos trois groupes et je pense que ce n’est pas anodin au fait que nous soyons dans un Parc. Nous avons eu des approches très liées au patrimoine, à la Loire et aux savoir-faire. Toutes ces notions sont bien connues et maitrisées par les habitants de notre territoire et cela a donné lieu à des débats passionnés. Cela n’a d’ailleurs pas été évident de tout retranscrire car les discussions ont été assez denses.

Pour ma part, j’avais déjà assisté à un débat sur « ce qui compte le plus »,  au lycée agricole de Montreuil-Bellay en avril, et j’ai trouvé les échanges aussi très riches. Le public était différent : il y avait de jeunes étudiants, des habitants de Montreuil-Bellay… et ces notions de patrimoine et de savoir-faire ne sont pas remontées de la même façon. Pour nous, le fleuve est une valeur importante qui a été fortement exprimée, et peut-être plus ici que dans d’autres lieux de la région. Il ne faut pas oublier que cette partie du fleuve est située dans les 280 km de Loire reconnus au patrimoine mondial par l'Unesco.

La seconde raison de mener un débat « Richesses » était de voir comment fonctionnait ce type d’échanges dans un mode un peu différent de nos modes de travail habituels. Nous travaillons surtout dans un format de type réunion plénière, qui marche bien, mais qui manque peut-être d’interactions entre les participants.

Au sein du Parc, nous sommes en questionnement permanent sur la participation citoyenne : comment faire adhérer le citoyen ? Comment favoriser la mobilisation du plus grand nombre ? Avec ce débat, c’était l’occasion d’essayer autre chose. Je voulais créer un moment de convivialité, un peu à l’image de ce que j’ai connu à Montreuil : des petits groupes réunis dans une atmosphère de café-débat. C’est cette ambiance amicale que je voulais recréer dans la commission, en formant trois groupes de 8 personnes pour travailler sur les six questions. Ça a très bien fonctionné et beaucoup plu aux participants.

 

3/ Quelle suite allez-vous donner à ce débat ?

Les missions du Parc s'appuient sur sa charte 2008 – 2020; l'appropriation des enjeux de cette charte par les collectivités mais aussi les habitants est un objectif important. C'est pourquoi, nous devons imaginer de nouvelles méthodes de participation en fonction du public ciblé, de façon à les rendre toujours plus actifs. Travailler en petits groupes donne des résultats plus percutants. Par la suite, nous aurons peut-être d’autres moments de réunion conçus sur ce même mode. Le but étant de créer une dynamique plus forte en changeant de schéma de travail.

Dans deux ans, nous allons devoir faire une évaluation à mi-parcours de notre charte, alors pourquoi ne pas s’inspirer de ce type de questions (croisement de regards sur d'autres sujets en lien avec la charte)  pour interroger les habitants ? Dans le cadre de nos missions, nous avons pour principe de travailler avec les acteurs locaux, nous sommes dans le « faire avec »mais c’est plus difficile de mobiliser le « citoyen lambda ». Cependant le débat sur « ce qui fait richesses » est une preuve que la participation citoyenne peut marcher !

Pour finir, personnellement je me tiens informée de la suite et je souhaite savoir comment va évoluer le projet régional.