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Soulaire et Bourg

Mardi 8 mars 2011, à Bourg (49),

Débat organisé par une habitante de Bourg, souhaitant intégrer sa commune au grand débat.


Profil des participants:

Réunion de voisinage territorial, dans un village, avec 16 personnes (autant d’hommes que de femmes, de 25 à  74 ans, avec une petite dominante de retraités). Professions diverses : 1 paysan, 1 commerçant, 5 secrétaires, employés ou cadres adm, 1 éducateur, 1 prof des écoles, 2 prof univ, 2 médecins, 1 intérimaire indus, 1 militaire, 1 ingénieur,  1 sans prof. Pour les 6 excusés : 1 sans prof, 1 cadre industrie, 2 ouvriers, 2 éducateurs.

 

  • Quelles sont les richesses que nous avions et que nous n’avons plus aujourd’hui ?

On a perdu de la diversité dans la nature, partout dans le monde. Chez nous, les bocages ont disparu. Il y a moins de variétés d’arbres. Le remembrement a été un fléau, heureusement limité par l’action des paysans. On a perdu le goût de la diversité animale.

On a perdu l’eau propre. Notre rivière la Sarthe est sale, on ne peut plus s’y baigner. Il y pousse de la jussie dont on ne sait pas se débarrasser.

On se nourrit moins bien, l’alimentation n’est pas toujours saine.

La solidarité est moindre. On a moins de relations qu’avant. On ne connait même pas les gens des HLM voisins. La fête de la Bonne Aventure ne se fait plus. Partout le sens collectif diminue. On devient un peu zone-dortoir. Les développements technologiques y sont pour quelque chose, on a tout à la maison ! Et puis le travail a changé, on n’a pas de lignes de conduite, rien à échanger sur le travail.

On a perdu la vie de village, la richesse d’être sur place, de se rencontrer chaque jour.

On a perdu la solidarité entre générations. Les anciens ne sont plus à la maison, mais éprouvent la solitude en fin de vie dans des maisons spécialisées.

On n’a plus l’emploi sûr. Avec lui, on a perdu son gagne-pain mais en même temps son rôle, sa place dans la société, sa dignité, ce qui conduit à l’exclusion.

On a perdu l’enchantement au travail, maintenant on ne s’épanouit plus que dans le loisir.

Nos services publics disparaissent : les bureaux de poste ont fermé dans presque tous les villages. On  n’a plus de médecins de garde pour la nuit, et que vont devenir nos cabinets médicaux si nos médecins qui partent en retraite ne sont pas remplacés ?

On n’a plus de petites routes agréables pour se rendre en ville…On doit suivre des tracés qui desservent les autoroutes et franchir de multiples ronds points embouteillés.

La vie administrative est devenue trop compliquée. On ne trouve jamais d’interlocuteur valable dans les services.

  • Quelles sont les richesses que nous avons et que nous n’avions pas hier ?

On mange, on ne meurt pas de faim (encore qu’il faille savoir que dans notre village, certains sont en difficulté)

La médecine nous protège mieux, nous avons un meilleur système de santé et de  sécurité sociale, une meilleure protection sociale, en particulier protection de l’enfance….mais nous avons des craintes pour l’avenir.

L’hygiène et le confort domestiques sont meilleurs. D’une façon générale, l’habitat est meilleur.

On a plus d’équipements sportifs et culturels.

On a plus d’anciens, c’est une richesse qu’il va falloir gérer.

Nous avons un meilleur accès à  l’éducation et à la culture. Les moyens de communication (téléphone, TV…), d’accès à la connaissance, sont bien plus importants qu’avant. Toutefois, ce qu’on a gagné, on le paie par l’individualisme, l’isolement. Tout le monde n’a pas accès aux nouvelles technologies, c’est une source d’inégalités… « Il y a des utilités qui ne sont pas des richesses »

Les frontières sont ouvertes, on peut voyager sur de longues distances, connaitre l’étranger, avoir des produits nouveaux.

On a plus de liberté pour choisir sa vie, son lieu d’habitation, son mode de vie (contraception etc.)

  • Quelles sont les richesses que nous avons préservées ?

La vie de famille…et certains notent, pour les familles géographiquement séparées par la vie, le rôle d’Internet….

La beauté de nos paysages, de notre architecture. Nous avons su préserver notre patrimoine. On souligne par exemple le travail de conservation de la nature fait dans l’ile Saint Aubin, tout en  notant une certaine contradiction entre la destruction de la nature à grande échelle  (point 1- 1  ci-dessus) et ce travail de conservation plus ponctuel.

Nous avons su préserver notre patrimoine culturel et architectural, la musique, le théâtre, toute une vie culturelle locale

La vie associative : on dit qu’il y a bien une vingtaine d’associations (type loi 1901) dans chacun de nos villages, s’occupant de sport, d’activités diverses pour tous les âges, d’entraide, de rencontres etc.

  • Qu’est-ce qui compte le plus ?

On aimerait que des commerces reviennent dans les villages. Est-ce possible ?

On aimerait que l’artisanat revienne dans les communes

On voudrait des transports en commun dans notre village.

On voudrait être sûr que tout le monde a et aura accès aux soins.

On voudrait être sûr que tout le monde a un toit, et que tout le monde a de quoi manger

La préservation de notre Terre, de notre environnement est une nécessité majeure. Les choses de base qui comptent le plus : l’air, l’eau, la nourriture de qualité. Garder l’équilibre entre le bien-être et son coût pour la planète.

On aimerait que les jeunes aient tous un emploi…et pas seulement les jeunes.

  • Qu’est-ce qu’il serait le plus grave de perdre ?

Notre identité française, notre capacité à trouver du travail en France. L’uniformisation par la mondialisation fait peur.

Nos acquis pour la retraite

L’équilibre de la planète. Nous ne voulons pas perdre les abeilles, l’air pur, l’eau pure.

Nous ne voulons pas perdre la convivialité, le bonheur d’être ensemble, l’appartenance à une même humanité

Nous  voudrions conserver la paix, la santé et la sécurité.

Nous ne voulons pas que les jeunes perdent confiance dans leur avenir. Nous ne voulons pas perdre nos raisons de vivre, Il nous importe  d’avoir la certitude d’un avenir devant nous.

  • Quelles richesses voulons-nous transmettre aux générations    émergentes et futures ?

Une terre propre, un environnement de qualité, un capital Terre.

La liberté individuelle

Un sens de la valeur de tous les travaux. Tout travail mérite respect.

Un sens de la valeur de la culture. Les valeurs familiales, sociales (école-éducation)

Paix et tolérance. Respect des autres. Bonheur du bien vivre ensemble.

Qu’on se considère tous comme des citoyens de la terre

Transmettre la culture française.

Les grands thèmes des richesses qui ressortent des débats, pour aujourd’hui et pour demain :

La conservation de la planète en bon état

La convivialité, la tolérance, le respect des autres, le partage.

Le bonheur du vivre ensemble

La foi en l’avenir, avec des perspectives d’avenir solides: santé, logement,  retraites, du travail pour tous, en particulier pour les jeunes, des services publics.

La culture, l’éducation, la préservation des paysages, de l’architecture.