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1ère partie - introduction

 

Des débats ouverts

L’appel à débat a été lancé par voie de presse, appuyé par des courriers envoyés par la Région aux personnes ayant participé aux Assises régionale, aux collectivités locales… Des pages spécifiques ont été publiées sur le site de la Région.

Environ 2.000 personnes ont débattu en région, à travers près de 200 débats organisés par les acteurs eux-mêmes entre fin 2010 et juin 2011.

 

Les six questions mises au débat

Dans les Pays de la Loire, en lien avec le monde :

1) Quelles sont les richesses que nous avions avant et que nous n’avons plus aujourd’hui ?

2) Quelles sont les richesses que nous avons aujourd’hui et que nous n’avions pas hier ?

3) Quelles richesses avons-nous préservées ?

4) Qu’est ce qui compte le plus ?

5) Qu’est-ce qui serait le plus grave de perdre ?

6) Quelles richesses voulons-nous transmettre ?

Les participants

L’appel était largement ouvert, avec les atouts et les limites de ce type de démarche :

Atouts

→ Une forte mobilisation des associations, des entreprises à vocation lucrative et des organismes de formation

→ Une diversité sociale et intergénérationnelle

→ Des points de vue issus de l'urbain et du rural

→ Quelques initiatives dans le cercle privé (amis et voisins)

Limites

→ Une présence très limitée des collectivités

→ Une prise de parole très inégale des territoires

→ Une arrivée tardive du monde sportif dans le processus

Dans ce contexte, et si le terme de représentativité des prises de parole n'est pas adapté, la diversité des participants est réelle : associations certes, mais aussi chefs d’entreprises (dont des femmes), chômeurs, étudiants, lycées, personnes en formation, retraités…et le contenu des débats est riche d'enseignements.

Plus de 300 personnes, également de profils très divers, ont par ailleurs participé à la journée régionale de restitution organisée le 16 septembre 2011 à l’Hôtel de Région en lien avec les espaces régionaux. La moitié d’entre elles environ avait participé à l’un des débats en Région.

 

Les richesses évoquées dans les débats donnent ainsi des pistes pour questionner les pratiques territoriales, et notamment les politiques publiques régionales.

Eléments de méthode

L’ensemble des mots utilisés sont analysés, après en avoir retiré les mots outils (et, de…). On obtient ainsi une liste de 5 000 mots différents. Un mot peut être un nom, un verbe ou un adjectif.

Parmi ces mots, on en sélectionne 1 500 dont la fréquence est suffisante pour permettre de structurer l’analyse globale. Les autres sont conservés pour des analyses complémentaires.

Les comptes-rendus ont été mis sous la forme de 7 000 contributions qui correspondent à chacune à des prises de parole des participants lors des débats. Une contribution peut être constituée d’un seul mot jusqu’à un court paragraphe de quelques phrases. Un participant peut être à l’origine de plusieurs contributions.

 

L’analyse des débats s’appuie sur quatre types de données : la fréquence des richesses dans les verbatims (sur un total de 7 000), la corrélation des richesses au sein des verbatims et en fonction des groupes de débats, les proximités ou corrélations entre les mots clefs au sein des verbatims, enfin les verbatims eux-mêmes.

Nous présenterons l’analyse :

  • d’une part en fonction de quelques richesses que nous avons retenues comme significatives, soit par leur fréquence importante, soit par leur faible fréquence, soit par des relations imprévues et signifiantes,

  • d’autre part en fonction des questions posées.

Les principaux thèmes relevés dans les débats

Une lecture synthétique des débats fait apparaître quelques lignes de force :

Des richesses beaucoup évoquées : humanité, lien social, environnement, travail emploi.

Richesses "qui comptent le plus" : lien social, qualité/rythme de vie, environnement, travail emploi,

Richesses à transmettre : valeur, engagement, solidarité/entraide, espoir/optimisme,

Richesses préservées : patrimoine (gastronomique, construction, …), sens du collectif,

Richesses perdues : environnement (dans le sens nature de proximité), travail emploi, lien social (même s’il semble encore relativement maintenu en Pays de la Loire), identité (sans référence relais pour créer un autre sentiment d'appartenance), services publics (cités seulement dans cette rubrique, ce peut paraître paradoxal avec le fait que les richesses gagnées relèvent en partie de l'action publique)

Richesses acquises : mobilité/les transports, communication, environnement (dans le sens « gestion de l'environnement »), accès aux soins, diversité et ouverture, école/apprentissage, travail/emploi ; soit un certain nombre de dimensions très liées aux politiques régionales.

Les spécificités des résultats

Par rapport aux enquêtes classiques de TNS Sofres, il y a à la fois une concordance et des différences. Les différences peuvent provenir du mode d’organisation de l’enquête, sur questionnaire fermé individuel dans le cas des enquêtes nationales en groupe sur des questions ouvertes dans notre démarche ; des spécificités régionales ; de la formulation des questions posées (pour la Sofres : « quelles sont vos préoccupations principales ? », en Pays de la Loire : « quelles richesses…).

 

Par rapport à l’enquête Sofres on peut distinguer :

- des thèmes importants de part et d'autre : environnement, emploi, éducation,

- des thèmes non prioritaires dans les débats alors qu’ils le sont dans l’enquête Sofres : santé (qui est citée dans le projet richesses par les mêmes groupes qui parlent d’éducation), le pouvoir d'achat/revenu (le fait de ne pas citer les richesses matérielles a laissé dans l'ombre cette dimension, mais pas celle de la répartition des richesses que l'on retrouve derrière les appels à la solidarité), la sécurité,

- des thèmes dont la fréquence1 est importante dans les débats mais qui sont absents dans l’enquête Sofres : lien social, qualité de vie, famille, liberté… autant de valeurs que l’institut de sondage ne considère pas comme des préoccupations des Français.

 

Dans une première approche, on peut considérer que les différences liées au mode d’organisation du débat expliquent la place plus importante dans les enquêtes nationales pour la santé, les retraites, le pouvoir d’achat. Il est logique que si vous demandez à une personne si le pouvoir d’achat est important elle réponde oui. Si vous lui demandez ce qui compte le plus pour elle, elle répondra différemment.

 

La spécificité régionale peut expliquer l’importance de l’ensemble lien social, solidarité, humanité d’une part, l’absence du thème de la sécurité d’autre part. Le premier ensemble révèle la qualité des relations humaines dans les territoires de l’Ouest (ce qui existe aussi dans quelques autres régions, mais pas de manière aussi forte sur l’ensemble national, comme le confirment d’autres enquêtes2). Ces thèmes apparaissent en premier dans les débats sur les richesses, en dernier dans la liste des 16 thèmes soumis dans le baromètre de la Sofres (l’intégration et les relations entre les groupes sociaux, l’individualisme dans la société).

La sécurité n’apparaît pas dans les richesses exprimées alors que c’est un thème fort au niveau national, ce qui est également confirmé par les indicateurs nationaux3.

 

Spécificité Pays de la Loire : les premiers thèmes

National, TNS Sofres4

Pays de la Loire

Le chômage et l’emploi,

la santé et la qualité des soins,

le financement des retraites

l’évolution du pouvoir d’achat,

 

l’école et la qualité de l’enseignement

les inégalités sociales,

le financement de l’assurance maladie

l’environnement et la pollution

le logement

la sécurité des biens et des personnes

lien social

environnement,

emploi

humanité

famille

valeurs

qualité de vie

culture

liberté

bonheur, épanouissement

solidarité

éducation

diversité

santé

 

 

 

1 La fréquence est un indice, pas un classement. Il ne s’agit pas d’une hiérarchie des richesses.

2 ODIS, L’état social de la France, La documentation française, 2011

3 Indicateur de santé sociale par région par exemple

4 Les préoccupations des Français, Février 2011