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PNR Loire Anjou Touraine

Mercredi 4 mai 2011, en Maine et Loire (49),

Débat organisé par la Commission Eco-Développement du Parc Naturel Régional Loire Anjou Touraine.

 

Profil des participants:

24 personnes, membres de la commission Eco-Développement ou d'autres commissions du Parc.

 

  • Quelles sont les richesses que nous avions, et que nous n’avons plus aujourd’hui en Pays de la Loire ?

Est-ce que c’est la manière de vivre, est-ce que c’est l’environnement ?

Le calme, un mode de vie plus humain, moins de stress dans le travail et dans la vie en général,

Les contacts de voisinage  « on s'intéressait au voisin, on est plus égoïste »

Les relations entre hommes qui sont moins faciles aujourd’hui, distance dans le relationnel. Moins de relations entre les gens.

La tranquillité du fait de l'absence de touristes. Les touristes sont une espèce d’envahisseurs qui apportent le stress qu’ils transportent avec eux. Il y ait davantage de circulation, de bruit…

On ne prend plus le temps.

Les grandes activités rurales : on exploite les mêmes superficies mais c'est différent aujourd'hui car on se sent seul ; il y a de moins en moins d'exploitations. On n’a plus le même échange avec les autres agriculteurs.

Il n’y a plus la même diversité de productions (fruitière, champignons…). Des activités disparaissent, toute la petite main d’œuvre disparaît avec. Du coup on perd la population qui allait avec les exploitations.

Les activités agricoles traditionnelles ont disparu dans les vallées (fauche…), ce qui a joué sur la modification des paysages et la vie rurale.

Disparition de l’économie fluviale (activité de pêche de Loire, batellerie, transport). Perte de la vie sociale autour du fleuve : les embarcations de transports, les habitations troglodytes, les caves de champignons.

Diminution de la dimension sauvage du fleuve. La beauté du fleuve, l’économie du fleuve a été altérée. Le fleuve redevient sauvage parce qu’il reprend ses droits depuis la fin de l'industrialisation.

Perte d'autres savoir-faire : champignons, la médaille, les activités autour du cheval. Le patrimoine immatériel : les patois locaux, la mémoire.

Perte de vie, de dynamisme dans les campagnes; plus de vie dans les centres bourgs.

La biodiversité, certaines connaissances, notamment autour du patrimoine végétal et des histoires qui font l'identité d'un territoire.

Tout n'est pas tout blanc ou tout noir. La biodiversité n'est plus ce qu'elle était. Questionnement sur l'évolution de la biodiversité, certaines espèces peuvent réapparaître. Manque d'éléments pour être plus précis.

La Loire sauvage (car elle n'est plus sauvage).

Le contexte autour de la batellerie n'est plus le même : le fleuve n'est plus un axe économique. Tous les métiers liés à la batellerie ont tendance à disparaître.

Perte de savoir-faire : BTP, agriculture, batellerie.

Il n'y a pas que le paysage qui fait identité mais également le lien social entre les individus d'une même localité.

Richesse du milieu rural : des lieux de rencontres et de sociabilité comme les commerces. Ce sont des emplois, du lien social et des habitants que nous n'avons plus. Certains villages sont vides. Les gens ne vivent plus là où ils travaillent : perte de richesse car cela n'amène plus les gens à se rencontrer.

Les rapports humains : on se connait de moins en moins dans les villages. A lier au fait que les gens bougent plus et ne travaillent plus là ou ils vivent.

Contradiction apportée : la qualité relationnelle entre les gens qui est exceptionnelle. Une richesse que l'on a toujours eu et les gens qui passent gardent cette qualité. Certainement lié à la Loire, sa contemplation.

Perte de la richesse principale : l'emploi en Saumurois. Plus de raison de venir vivre ici.

Les champignons : il n'y en a plus. Les champignonnières faisaient vivre énormément de familles. Moins d'emploi localement. Désertification de certaines zones ou spécialisation d'autres (tourisme). Ce n'est pas du tout le même résultat en terme d'emploi : certaines zones/villes concentrent les richesses.

Les écoles rurales ferment toutes : perte de population dans ces villages.

L'ensemble des services diminue.

Perte du savoir-vivre : vivre lentement.

Perte des petits axes. Aujourd'hui on recrée des axes comme la Loire à vélo, regret que des petits chemins qui arpentaient le territoire disparaissent au profit des grands axes de communication qui restructurent l'espace rural. Il devient impossible d'avoir des cheminements (roulotte, à vélo, à pied) sur un long trajet car ils recoupent des grandes routes dangereuses. Ces chemins permettaient de se rencontrer et de créer le lien social.

Perte d'espace avec ces axes. Ils gâchent le paysage, la nature quand ils traversent des zones riches en  biodiversité.

Perte en terme de nature et paysage avec constructions et mitage du territoire. Description du phénomène suivant : un noyau ancien avec village identitaire et patrimonialement intéressant avec un bâti qui s'étend et qui destructure le tissu urbain. Notion de « verrues » de pavillons.

Le paysage ligérien souffre par l'incohérence faite dans le patrimoine bâti, de juxtaposition de bâtiments remarquables avec des « choses moches ».

La culture ligérienne : la boule de fort. Débat sur ce sujet car réservée aux hommes, liée au vin.

Le patrimoine culturel et naturel.

Les pommes tapées.

Les maisons troglodytes qui reviennent à la mode avec les gîtes. Précision apportée : ces maisons ont été habitées jusqu'en 1955.

L'appartenance qui n'est pas très facile à définir aujourd'hui. C'était plus facile avant grâce à l'axe Loire qui apportait beaucoup d'emplois. Maintenant, se pose la question de la réappropriation.

Les marais salants de Guérande.

Avec une vision locale : la perte d'emplois dans le milieu agricole nord saumurois, liés au maraichage, et dans le sud saumurois liés au vignoble. Perte de l’ensemble des activités agroalimentaires qui caractérisaient le Saumurois : maraichage, champignons. « Le développement de l'agroalimentaire s'est fait de manière phénoménale ; disparition des petites mains, la production s’est centralisée ». Pour le vin : diminution de l'emploi bien que augmentation de l'activité.

S’y ajoute la disparition quasi totale des scieries, de la filière bois, des industries. Dans le Choletais, il y avait les activités liées au textile, elles ont disparu.

Lien fait avec les patrimoines et les techniques, les savoir-faire qui sont en train d'être perdus. Au niveau artisanal et ouvrier, on a perdu la capacité de faire et de faire bien.

Pourtant pour la rénovation du patrimoine, l'horticulture, il n'y a pas assez d'offres en la matière. Avant, on était dans un territoire, dans un terroir, les compétences et ce qu'on générait y étaient liés.

Perte de la qualité de l'eau, des sols de l'air. « Il y avait de l'agriculture et on a perdu la pureté des cultures bio. On buvait l'eau à la Loire, on allait chercher l'eau dans les puits ».

Perte de surfaces agricoles.

Interrogation sur les conséquences de ces évolutions là sur notre environnement, qui sont liées à un changement de méthodes, de pratiques.

Réflexion sur la zone avale de la Loire, zone de Nantes - St Nazaire : secteurs de notre région qui ont une forte dynamique financière et qui sont allés sur d'autres pôles tels que le tourisme pour compenser leur perte d'industrie. Concurrence plutôt au détriment de notre région. Leurs moyens financiers leur permettent de réagir très fort. Ils ont pris des parts de marché.

« Jusqu'à présent les richesses citées sont des richesses qui remontent au 19eme, début 20eme siècle : culture, industrie. On a toujours tendance à considérer les richesses industrielles. Je voudrais qu'on remonte dans le temps, certaines richesses ont disparu : la lenteur, le savoir-faire. La lenteur permet de réfléchir à ce qu'on fait, de prendre son temps. Maintenant on décide et on bâcle très souvent. On est pris par la concurrence. On a des fonds débloqués, il faut les employer très vite...Cela fait partie à mon sens d'une partie de l'humanité qu'on a perdu. Je me demande s'il ne faudrait pas faire dans le cadre du développement local une grande place à l'homme, pour la société qui nous attend. L'économie doit s’adapter à l'humain et non l'inverse. »

Perte de la conscience professionnelle, de la capacité à approfondir qui renvoie à la notion de proximité.

Jusqu'aux années 50, on avait toujours une gare à moins de 5 kilomètres d'un village. Le problème est qu’elles ont fermées.

« On ne dessert plus du tout les petites villes. Tous ces transports qui nous permettent d'aller au bout de la terre, pollution!!! Est-ce que la planète supportera cette gigantesque pollution ? »

La connaissance de son environnement proche qu'on ne connait plus.

Idée contestée : «  Moi je n'ai pas cette idée. Par exemple ici tout le monde se connait. Il y a des bénévoles. » «  Il y a plein de gens qui se connaissent tous, dans les quartiers en ville ; quand il y a un problème, ils s’entraident. »

Le vivre ensemble.

 

  • Quelles sont les richesses que nous avons et que nous n’avions pas hier en Pays de la Loire ?

Les paysages de Loire sont valorisés, lisibles.

Un patrimoine paysager, naturel et bâti, préservé et reconnu (par l’UNESCO).

Une économie du tourisme; le développement du tourisme lié aux moyens modernes de transport.

La vie économique est essentielle dans la région. A Bréhémont (37), avec la Loire à Vélo, cela fait marcher la ville et impacte sur le maintien de la vie dans les petits villages.

Des produits locaux Pays de la Loire et Touraine qui sont mieux reconnus, identifiés, marqués et plus affirmés; ceci étant sans doute dû à une meilleure qualité (AOC Muscadet et Saumurois, maraîchage…)

Prise de conscience de certaines valeurs du territoire (viticole, tourisme).

Mise en valeur de certains savoir-faire anciens (sellerie..), de patrimoine vivant (entreprise du patrimoine vivant) (métiers de la pierre, Toitures PETIT, …). Le fait d’avoir pris conscience qu’ils existent, la  reconnaissance de leur valeur, permettra une pérennisation à terme.

L’industrialisation de la Loire, on n'avait pas conscience que c’était une valeur et on l’a donc perdue.

Notre richesse, c’est La Loire à Vélo.

Et la centrale nucléaire  qui est une chance car elle a apporté de l'emploi et des activités économiques. Elle a permis de revitaliser des villages alentours.

Contradiction apportée :  La centrale a failli ne pas faire aboutir le classement à l’UNESCO.

L’accueil dans les gîtes ruraux qui s'est développé.

La production agricole qui était une richesse mais qui s’est un peu modifiée par la reconnaissance des produits.

L’artisanat d’art dont on parle plus. On a gardé des petits noyaux que l’on fait de façon beaucoup plus noble.

La redécouverte des architectures. La rénovation.

Des moyens modernes de communication, de transport, de logement. Les moyens de chauffage dans les maisons, l’éclairage. »On ne pourrait pas revenir en arrière »

Ce qu’on appelle richesse, c’est très subjectif. Le plan climat énergie du PNR invite à réfléchir sur ses nombreux comportements (éclairage, chauffage…). Ce confort, est-ce que c’est une richesse ? C’est une richesse que l’on ne conservera pas.

La dynamique culturelle (concerts, spectacles, …); plus d'attraction dans les villes. Une offre culturelle pour les enfants.

Prise de conscience de la richesse des terres agricoles (SCOT, SRU)

La capacité à transférer les connaissances : Internet, mais pas tous égaux devant cet outil.

Les réseaux sociaux mais aussi les associations. Fondamental de conserver le tissu social. MAIS, pollution liée à l'internet (consommation de l'énergie).

De nouvelles itinérances : on redécouvre des rythmes plus lents, Loire à vélo.

Les routes : rythme plus rapide.

Il y a les deux rythmes, l'un pour l'économie, l'autre pour le tourisme. Les deux sont complémentaires.

La centrale nucléaire : une nouvelle richesse (ironique). Pour nous : des ennuis futurs.

La centrale apporte de l'emploi, de l'argent, des équipements. Elle permet un confort de vie urbain en milieu rural.

L'inscription au patrimoine mondial, une richesse ou une conséquence : les deux. Nous sommes jugés aptes à avoir ce label car reconnaissance de cette valeur universelle avec ce paysage culturel vivant.

Le PNR : une richesse, comme l'inscription au patrimoine mondial. Présence du Parc de Brière.

C'est important d'avoir de la formation, même si les gens vont travailler au bout du monde, ça n'est pas grave.

Tout ce qui est lié à la communication, à la transmission de l'information.

La qualité du vin qui s'est vraiment développée.

Le tourisme et la mise en valeur des troglos.

Le fort développement culturel. « Quand j'étais gamin on ne pouvait pas aller aussi facilement au théâtre. »

D'autres formes d'emploi quand bien même il n’y a pas autant d'emplois.

Les conditions de travail sont plus acceptables.

Les moyens de transport. « On se déplace plus facilement aujourd'hui. Mais, les villages deviennent des villages dortoirs. On n’a plus les petits commerces. Les personnes âgées ont beaucoup de mal à se déplacer. Il ne faudrait pas perdre tous les commerces et toutes les administrations. La facilité à se déplacer amène un brassage des populations. »

Le lien social, « généré notamment par l'école, les lieux où je vais rencontrer les voisins. C'est ce qui fait qu'on va s'ancrer dans un territoire ».

« Le système se moque du développement durable. C'est un attrape-tout. Le développement devrait être soutenable. Je voudrais qu'on insiste dessus. Dans une planète finie avec des populations colossales qui arrivent sur le marché, on va se casser la gueule. »

 

  • Quelles sont les richesses que nous avons préservées ?

Le goût du terroir. Les produits locaux. On a plaisir à utiliser les produits locaux (fouées, asperges…).

Les paysages qui n'ont pas été trop perturbés.

L’eau.

Les savoir-faire. L’usage du  tuffeau dans les constructions actuelles.

Les troglodytes (modestement).

La faune et la flore qui  sont quand même bien préservées. Les variétés de plantes

Tous ces éléments englobés sous le nom de « patrimoine »

La place du fleuve (avec son classement), atout considérable.

La prise de conscience de cet héritage patrimonial, collectivement partagé et soutenu.

La sociabilité : pas d'agressivité.

« Le tuffeau est tendre, refuge de paix dans nos villages ». Le cadre de vie mène au bien-être.

La boule de fort : une richesse que l'on a préservée et qui permet du lien social. « Nous avons su la préserver car très imprégnée dans les vies; ce n'est pas folklorique. Il faudrait voir les anciens pour qu'ils puissent raconter, des choses vont se perdre avec la mort des anciens. »

Pour d'autres : la boule de fort reste quelque-chose de fermé qui reste entre hommes. Les femmes ne peuvent pas rentrer. C'est une réalité et une image parfois négative de cette activité.

Le vin

La pierre

Certains patrimoines perdurent par le tourisme : pierre, Loire, boule de fort et vin.

De manière plus générale : la culture ligérienne avec pommes et poires tapées, les différents bateaux.

Les marais salants de Guérande.

Certains savoir-faire et une certaine biodiversité, tout n'a pas disparu.

Les troglos, il y a eu permanence de l'habitat et cela redevient très à la mode.

Une sorte d'art de vivre lié à la diversité. Celle-ci a des conséquences sur les comportements. Cela peut causer problème lié au sentiment d'appartenance car l'appartenance ligérienne est difficile à définir. Avant, cela était plus facile car les peuples étaient tournés beaucoup plus vers le fleuve. Comment se réapproprier quelque chose qui n'a plus d'utilité, à part touristique ?

Le climat et la position centrale au niveau de la France : c'est une richesse, notamment au niveau touristique car région bien placée et desservie.

Des valeurs de qualité, notamment sur la restauration du patrimoine. « Exemple des réunions de chantiers : on rencontre les gars, ils ont un plaisir à montrer leur travail, leur savoir-faire, leur savoir-être. Ils partagent des choses. On ne le retrouve pas dans le monde industriel qui a la valeur de la compétition, d'écraser l'autre. Ce sont d’autres valeurs dans les vieux métiers (taille de pierre, couvreur, chauffagiste...). »

La Loire, la douceur de vivre, la qualité de vie.

« Les gens qui sont dans le secteur en profitent, on est bien, on a du bon vin. »

Le relationnel qui existe, il faut le préserver. Le vivre-ensemble.

Prendre son temps : valeur de qualité qui est restée.

(Ironique) Valeur ou laisser-aller ? Allusion au mouvement slow « il ne faudrait pas qu'il arrive trop vite ! » .

L'espace-temps : on ne perd pas de temps. On ne passe pas deux heures dans les transports.

Le patrimoine et le paysage sont encore préservés contrairement au Choletais.

La participation des populations dans des associations, le bénévolat. « Quand je vois le nombre de bénévoles mobilisés sur ce territoire c'est formidable. Mais c'est ultra-fragile. »

Contradiction apportée par une personne qui trouve que c'est en voie de disparition. Constat que le bénévolat existe aussi en ville à Saumur avec une discussion autour du type de bénévolat. L'intérêt du bénévolat, c'est le brassage social.

La solidarité : notre secteur est plus pauvre que d'autres donc on créé des évènements, des opportunités.

Nuance apportée selon la sollicitation : si on reconstruit un château, plus grande mobilisation.

Les populations ne sont pas très sensibles à l'environnement mais plutôt au profit qu'on peut tirer de l'environnement. « L'environnement c'est souvent l'alibi mais c'est rarement profond. »

 

  • Qu’est-ce qui compte le plus ?

Difficile de répondre, trop de choses : est ce que c’est matériel, humain ?

La Loire : la Région a la chance d'être traversée d'Est en Ouest par la Loire, elle a donc le soleil le matin et le soir. Les couchers de soleil.

L’activité économique avec une grande diversité. Que les gens puissent trouver du travail ici, éviter les exodes. Exploiter toutes les petites productions artisanales parce qu’on n'aura pas de productions plus grandes. Exploiter au maximum le potentiel des activités.

Le maintien de la vie dans les villages. Eviter la désertification, réhabiliter les habitations anciennes. On a espoir en campagne car on voit revenir des familles.

Une qualité de vie avec le maximum de services pour la petite enfance pour offrir une vie multi générationnelle (formations professionnelles..). Le cadre de vie (emploi, structures médicales…). Il faut un bon dosage qualité de vie / activités économiques. L’importance des solidarités sociales, l'accès à l’emploi et y rester, l'éducation de qualité.

L’accès aux soins (équitablement et égalitairement)…

La protection de l'environnement. La qualité environnementale

Poursuivre les efforts d’assainissement, de tri qui ont eu un fort impact sur les paysages. Il y a moins de décharges sauvages, effort à améliorer.

La recherche très orientée sur le développement durable et l'innovation.

La capacité des individus à échanger, à transférer leur connaissances, leur idées.

Internet : essentiel pour exister par rapport à certaines professions en émergence et qui se sont adaptées.

La préservation du patrimoine végétal et immatériel : autour de la connaissance de certains savoir-faire permettant de répondre aux enjeux de demain.

La préservation de l'identité des territoires

L'EMPLOI EST PRIORITAIRE. « Aujourd'hui, Saumur souffre des choix politiques faits  il y a 30 ans : volonté de protéger le patrimoine au détriment du développement; aujourd'hui les gens souffrent du manque d'emplois industriels. Quand pas d'emplois, présence de retraités, chômeurs, administratifs et militaires. »

Contradiction apportée : le patrimoine n'est pas que touristique. Peut être social, reconnu par tout le monde : petit patrimoine, héritage du passé, monumental, traditions, immatériel, rural.

Le patrimoine développe un sentiment d'appartenance et du lien social. Le grand patrimoine va être valorisé sur le plan économique mais le petit patrimoine va développer le sentiment d'appartenance à une localité.

Le bien être, l'équilibre entre les patrimoines et le développement économique

La vie en milieu rural : c'est quoi ? Conserver ou créer des structures qui permettent aux villages de vivre. Slogan du pays Basque : vivre et travailler au pays. Fort sentiment d'appartenance qui donne envie aux gens de vivre ici et d'y travailler.

Prendre en main localement son destin; s'en sortir avec les ressources locales.

Le lien social qui doit être réinventé en permanence afin de lutter contre la désertification, etc...

CE QUI COMPTE LE PLUS : LES HOMMES QUI VIVENT SUR CE TERRITOIRE.

Constat qu'il y a peu de mobilité dans la région : les gens restent par contrainte, par défaut.

La Loire.

Région : une fabrication administrative mais  a-t-elle une identité ? Ici, (le PNR) le pays est ligérien, marqué par une identité. Mais il est très différent de la Vendée. Laval regarde vers la Bretagne. La région Pays de la Loire n'a pas d'identité et mériterait d'être redécoupée.

La biodiversité. Conserver un environnement sain et de qualité. Voir des animaux sauvages (cerfs, ...)

Se sentir bien dans l'endroit où on vit : pas trop de nuisances et aspect esthétique.

Les échanges culturels avec d'autres territoires. Citation de J. Bodin : « il n'est de richesse que d'hommes ».

Question reposée sur un plan personnel :

Le cadre de vie

Un emploi proche de chez moi pour gagner en qualité de vie : temps avec sa famille...

Une certaine qualité de vie avec artisans et produits locaux de qualité.

L'épanouissement personnel, le temps de prendre le temps, de s'ennuyer, une vie sociale épanouie.

Il faut trouver un équilibre entre toutes ses activité et sensibiliser les gens aux choix qu'ils doivent faire, afin de ne pas stresser, de s'épanouir, de prendre la vie du côté cool !!!

La santé

Qualité relationnelle : richesse que l'on attrape en arrivant ici « les gens ne s'insultent pas en réunion, sont zen. La Loire y est pour quelque-chose» (remarque d'un parisien)

Ma famille et prendre le temps, les liens sociaux.

Ce qui compte le plus, c'est ce qu'il y a autour de l'humain. Une nuance néanmoins, il ne faut pas idéaliser le passé. Tout n'était pas beau.

C'est une région qui a des atouts extraordinaires, la qualité de vie, des jeunes qui veulent cultiver de manière naturelle...

La préservation des terres agricoles

Développer le tourisme notamment dans le domaine du végétal.

Un développement responsable et maitrisé : appel à la prudence sur un développement touristique qui ne serait pas réfléchi. Certains sites ont dû être interdits pour être préservés.

L’envie d'entreprendre, d'investir dans le territoire, de faire évoluer le territoire. Envie de créer de l'emploi.

« La rareté, la beauté, les racines, le silence, la lenteur, la morale, la culture, la volonté, l'exigence, la rigueur, l'honnêteté et le sens que l'on donne à ce que l'on fait, sinon c'est inutile ».

Contradiction apportée et discussion autour des notions de silence et de morale :

1) le silence, c'est la mort. S'il y a de la vie, il y a du bruit. Réponse : le silence près des monuments, le silence de bord de Loire. Le silence, ça permet de réfléchir. La société a tendance à mousser et empêche de penser profondément. Actuellement la nuisance la plus importante c'est le bruit.

2) Rejet du terme de morale et préférence pour le mot valeur, éthique. La morale des uns n'est pas forcément la valeur des autres.

La formation, mais il faut que ce soit de la qualité. On peut y mettre de la morale, enseigner certaines valeurs!

« Il est essentiel de préserver notre éducation qui aurait tendance à être très menacée. »

« Relancer l'éducation en se donnant les moyens. L'avenir en dépend. Quand on voit les problèmes qui se posent dans la cité, dans quel pétrin les familles se trouvent, on peut faire aujourd'hui tous les programmes que l'on veut, c'est à l'école que ça se passe. »

« La formation tout au long de sa vie. Tu confortes ton éducation ou pas, en fonction de tes rencontres, il faut quand même un socle. Tu fais ton propre chemin ».

Il faut apprendre à apprendre. Le socle de l'éducation donne la capacité à se cultiver. La culture renvoie à un partage.

Nuance apportée sur la démarche de consommation de la culture qui peut être très individualiste et non partagée.

Le monde associatif et la solidarité qui y existe. « On serait sans doute étonné de mesurer la qualité d'un territoire à la lumière de ses potentialités associatives. »

Bémol apporté avec une demande de « retour d'ascenseur », de reconnaissance pour le bénévolat effectué.

Les paysages, l'urbanisme, les campagnes qui disparaissent.

Il faut des gens nouveaux qui régénèrent les villages mais risque de disparition de coutumes.

La modernisation pour accéder à la demande de la population.

La diversité.

 

  • Qu’est-ce qui serait le plus grave de perdre ?

Nos paysages de qualité (éviter les arrachages de haies, bois ...)

Une agriculture raisonnée de qualité  et en quantité suffisante pour nourrir les humains. Si on ne fait plus que du bio ,on va finir par ne plus nourrir les humains. On est de plus en plus de population et on va produire de moins en moins.

Contestation / Bio : Il faut que le reste de l’agriculture « travaille bien ». L'agriculture est obligée de passer par des réglementations strictes qui vont permettre de préserver et respecter les milieux. C’est une richesse nouvelle développée depuis quelques années : prise de conscience de la place de l’agriculture.

Il ne faut pas gaspiller les surfaces agricoles. Essayer de conserver ce qui est en place et essayer de l’améliorer (haies, forêt…). « En France, on perd un département tous les 10 ans, donc ça m’inquiète. »

Il ne faut pas perdre la population jeune dans la région, parce que c’est ce qui fait le dynamisme.

Il ne faut pas perdre la population dans les villages. Dépeuplement des territoires,  des nombreux villages n’ont plus d’agriculteurs. «  Du point de vue travail, on se sent seuls. ».

Comment installer des agriculteurs et qui puissent vivre de leur travail ? Rôle social, rôle économique (emplois, produits de qualité). Aspect paysager du rôle de l’agriculteur qui maintient et façonne le paysage.

La biodiversité.

Le bien vivre. La santé. Le lien social. Le travail. Ses repères (bien définir ses repères).

Le danger le plus grave pour une région est la globalisation (que notre région ressemble à l’autre).

L’identité du territoire est étroitement lié à la Loire et c'est un élément très important pour la région.

Questionnement sur la Loire : est-ce qu’on peut la perdre ? Est-ce que la Loire, elle, peut changer ? Pour l’instant, elle est un repère mais est-ce qu’elle est immuable ?

Il ne s’agit pas de penser l’aménagement que de notre côté mais de se soucier de l’impact de notre aménagement.

La biodiversité et la qualité de l'environnement dans lequel on vit. Biodiversité car équilibre.

Le tuffeau qui fait l'identité du territoire, stock pas éternel.

Désaccord : ce qui importe, c'est de construire avec les matériaux que nous aurons à disposition le moment venu.

La Loire gelée (1962 et 1983) : nous ne la connaîtrons certainement plus ainsi à cause du réchauffement climatique. Il serait grave de perdre la douceur angevine.

Les paysages : « verrues paysagères comme les lignes haute tension le long du coteau ».

La population : risque d'exode rural si plus d'emplois et conditions de vie trop dégradées.

Perdre son emploi qui est une chose essentielle.

Les villes à taille humaine : ne pas perdre l'équilibre qui fait le bien vivre.

Tout est lié : emploi – environnement. Il faut avoir un équilibre entre les deux. Il ne faut pas détruire ce qui fait la richesse du territoire.

Notre enthousiasme. L'avenir se construira à partir de ce qu'il y a aujourd'hui, pas avant-hier.

Tout notre acquis, sinon impossible de continuer comme ça.

La foi en notre avenir.

La capacité à utiliser intelligemment ce terroir qui nous est donné.

Faire en sorte que les patrimoines soient vivants parce que c'est comme ça qu'ils vont être préservés. Maintenir des usages sur les territoires mais ce n'est pas l'identique qui doit nous motiver. L'usage se modifie et conserve un caractère au territoire. Il faut maintenir les savoir-faire et les usages associés à ces savoir-faire sur le territoire.

L'identité des territoires, suivant la région où l'on est. L'identité c'est la diversité. Comment cela va-t-il être géré sur la plan politique ?

Nos territoires sont en danger. « Si on fait des constructions alors qu'on est classé UNESCO, on peut perdre le classement patrimoine mondial. Une loi vous avez les moyens de la faire respecter, pas la charte telle qu'elle est faite pour l'Unesco. On a demandé le classement du site Candes-Montsoreau mais on n’a pas eu de réponse de la part de la région et des préfets.

L'architecture était protégée avec les ZPPAUP qui n'existent plus et sont remplacées par des AVAP qui ne protègeront plus le patrimoine. »

La confiance des hommes et femmes qui habitent le territoire, qui ont une capacité à rebondir. Constat fait d’une confiance à investir dans le Saumurois qui a conservé son identité alors que le Choletais a perdu son âme, n'a pas les mêmes arguments.

La perte des zones agricoles. Il est important de préserver l'agriculture bio. Sinon ça dévalorisera la notion du végétal que nous avons ici. Ici on est quand même dans les jardins de la France. Il faut une évolution de la connaissance en agriculture. Il faut prendre en compte dans les critères d'évaluation la consommation d'espace par an. Actuellement l’urbanisation équivaut à un département tous les dix ans.

La biodiversité des bords de Loire.

 

  • Quelles richesses voulons-nous transmettre aux générations émergentes et futures ?

Le bien vivre dans un environnement de qualité.

Vivre dans un milieu où on est bien en famille avec du travail.

Savoir vivre, travailler pour sa Région. On ne travaille pas que pour vivre et manger mais aussi pour façonner sa Région.

Responsabilité pour l’avenir. Tout le monde est responsable de son environnement. Transmettre le souci d’être responsable de son territoire. Garder l’identité de la région.

Le paysage. Cela appelle une discussion : la notion de paysage est une notion récente. Si en 200 ans on a pris conscience de la beauté des paysages, est-ce que dans 200 ans, les habitants seront toujours aussi intéressés que nous par le paysage ? Cette notion n’est peut être pas quelque-chose de définitif dans notre pensée, il faut transmettre cette vision que l’on a sur le et les paysages. Pourquoi on figerait des choses que l’on estime aujourd’hui belles alors qu’elles sont vouées à évoluer ? Il faut conserver l’esprit critique que l’on a aujourd’hui sur le paysage.

Ne pas laisser trop de déchets.

Respecter la proportion, utiliser les biens mais ne pas laisser des choses irrécupérables.

L'humilité par rapport aux constructions humaines.

Ce qui a fait la civilisation n’a jamais été linéaire. Le contexte aujourd’hui, la connaissance des enjeux du monde est nouvelle. Les humains sont appelés à considérer les échéances du monde. Il faut qu’on sache transmettre cette culture de la précaution. Il faut aussi transmettre des valeurs d’éducation, de justice, solidarité, équité, respect…. Avec une économie davantage solidaire.

S'il y a des valeurs, on va penser une économie différente.

La transmission des savoir-faire. L’artisanat. Chose essentielle, préserver l’identité du territoire.

Un territoire attractif (environnement de qualité et une économie).

La biodiversité, la Loire et ses paysages: le patrimoine bâti, les forêts, la polyculture. Garder la diversité agricole qui fait les paysages (on ne voit plus de vache dans les champs, …).

Une agriculture paysanne, de qualité qui propose de la diversité pour la population.

==> EQUILIBRE

Le goût de la relation à l'autre : les nouvelles générations sont souvent dans la relation virtuelle avec internet.

Les rapports sociaux.

La capacité et le potentiel de développement mais de manière raisonnée en lien avec les richesses des Pays de Loire.  Les potentialités : du côté d'Angers, des entreprises de développent, tout comme à Nantes -St Nazaire mais ne pas dénaturer l'estuaire de la Loire.

Il est question de développer les éoliennes mais pas n'importe comment ==> off shore.

Le végétal en Anjou : un potentiel très fort qui s'inscrit dans une tradition.

L'outarde à Méron, Désaccord : on empêche le développement de 200 emplois pour une espèce.  L'équilibre est difficile à trouver. Parfois, les théories se heurtent aux réalités concrètes.  Sur la zone (d'activités) de Méron, si une partie gagne, l'autre perdra, pas de compromis : c'est regrettable.

Il est important de définir des outils de pilotage pour anticiper les situations de conflit.

Avoir des projets de territoire pour éviter le grignotage ou des situations comme Xintia.

La préservation des traditions, les savoir-faire.

La technologie, l'écologie industrielle.

L'avenir se construira à partir de ce qui existe aujourd'hui mais ne pas avoir une vision passéiste, figée. Exemple cité du concours d'idées « maisons passives ligériennes » lancé par le Parc : recherche d’innovation et d’intégration.

C'est plutôt l'usage qui doit motiver, il faut accepter les modifications tout en conservant un caractère esthétique aux lieux.

Une espérance dans l'avenir. Il faut qu'il y ait de l'espoir mais il faut donner les moyens d'y croire.

Il faut avoir des choix, des libertés, des possibles pour avoir de l'espérance.

Il faut maintenir des portes et pas une seulement si on veut garder une capacité à innover.

II faut aussi le réalisme, il ne faut pas vivre dans l'illusion.

L'agroforesterie qui permet de préserver la ressource en eau et la production de bois.

La biodiversité des bords de Loire.

Les paysages et les activités agricoles.

Une région la plus propre possible dans tous les domaines.

La qualité de vie n'est pas celle dont on rêve. On voudrait que ce soit parfait, qu'il y ait plus de travail. Mais notre qualité de vie est notre identité. Il faut qu'elle perdure en s'en donnant les moyens.

La mixité sociale, le maintien du mélange des générations dans les villages. La diversité.

Maintenir l'offre de formation, la formation professionnelle, l'adaptabilité.

Discussion autour de l'énergie.

Est-ce qu'on va laisser le nucléaire à nos enfants ? Est-ce que le nucléaire est une richesse ? On peut en douter. Il ne faut pas le prendre sous l'angle de l'importance de l'emploi. On ne pourra pas continuer à produire tout le temps avec du nucléaire. On a trop été sur une seule typologie de production.

C'est une question locale, qui pose le problème des filières. Il faut sortir du nucléaire. Il va falloir des énergies nouvelles et faire des économies d'énergie. On pourrait mettre en place des micros centrales hydrauliques.

Ne pas faire de choses irrévocables, que les générations futures ne puissent pas réparer. « Il ne faudrait pas que la Loire se mette à couler dans l'autre sens ! »

Notre génération devrait déjà agir sur la question des déplacements.

Transmettre comment consommer moins et mieux.

Du sens et du dialogue.

 

Remarques :

Présence de personnes habitant le territoire du Parc depuis plus ou moins longtemps et de stagiaires au sein de la structure Parc, d'origines très diverses. Mais leur parole était également possible.

Des participants d'Indre-et-Loire étaient présents et nous n'avons finalement pas dissocié leurs propos de ceux des participants du Maine-et-Loire.

 

Les grands thèmes de richesses qui ressortent des débats (pour aujourd’hui, pour demain) :

Pour aujourd'hui :

Le patrimoine au sens large (bâti, culturel, naturel, humain) et les savoir-faire liés

La loire (très présente dans tous les ateliers)

La diversité sur différents plans : environnementale, économique, humaine...

Les relations humaines et le savoir-vivre ligérien avec son corollaire : l'attachement au territoire, les liens sociaux, la solidarité, la responsabilité

La qualité du cadre de vie avec la nuance de la forte perte d'emplois

La formation

 

Pour demain :

L'identité du territoire, les valeurs du territoire qui constituent le socle sur lequel fonder l'avenir.

4 remarques souvent revenues :

L'adaptation et l'innovation dans le respect de cette identité ;

Un développement maîtrisé avec la recherche d'équilibre entre l'économique et l'humain, l'emploi et l'environnement, la campagne et les villes, le maintien de la solidarité ;

La responsabilité : « ne rien commettre d'irrévocable aujourd'hui pour laisser la liberté de choix, la capacité à innover » ;

La qualité de vie : conserver cette qualité, le vivre ensemble, le dialogue.