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Lycée Agricole

Mardi 5 avril 2011, à Montreuil-Bellay (49),

Débat organisé par le Lycée Agricole Edgard Pisani, dans la commune de Montreuil-Bellay.


Profil des participants:

13 personnes, des actifs, membres d’associations et de structures liées au territoire (9), et élèves du lycée Edgard Pisani (4). Agés entre 25 et 55 ans (9 actifs) et entre 16 et 18 ans (4 élèves).

 

  • Quelles sont les richesses que nous avions, et que nous n’avons plus aujourd’hui en Pays de la Loire ?

Une offre d’emploi très variée, accessible à tous autrefois : tout emploi demande aujourd’hui de la technicité. La possibilité pour chaque jeune d’envisager l’avenir sereinement.

La biodiversité, qu’on a tendance à perdre. Le lien avec la Nature, qu’on a sans doute perdu. On savait mieux lire la Nature !

On est de moins en moins humble, à cause de l’élévation du niveau de compétences.

On a perdu la beauté de certains sites, très dégradés (ex : l’estuaire). On a aussi perdu la qualité de l’alimentation : les pesticides se retrouvent dans l’eau, et on a perdu au niveau gustatif. On a aussi perdu la capacité à reconnaître les gouts.

Les patois et les accents ont été perdus, de même qu’un certain patrimoine bâti.

L’eau des puits est-elle potable, aujourd’hui ? Il faut situer « l’avant » : c’était quand ? Car il y a des perceptions trompeuses… et la science a évolué !

Aujourd’hui, les nappes phréatiques se creusent. Faible prise de conscience car invisible du grand public.

Il y a un manque de proximité entre les gens, car il y a de forts risques qu’ils se cachent derrière leurs écrans. Nous avons perdu une solidarité de l’héritage rural.

On perd nos défenses immunitaires : pourrions-nous aller au Sénégal boire l’eau des puits ? Certes, ils meurent plus jeunes… c’est en lien avec nos modes de vies aseptisés. Limite de vivre vieux, mais pas forcément mieux. De plus, la solidarité de proximité est sans doute moins évidente.

On ne comprend plus trop le monde dans lequel on vit, on a perdu la simplicité : on est dépassés par les lois, la technologie,… le temps ! Ce manque de temps est très sensible, depuis 30 ans, par exemple en agriculture, soumise aux pressions de la rentabilité. Nous vivons dans un monde complexe. L’homme semble moins au centre des préoccupations, lesquelles sont plus orientées par la recherche de profit financier à court terme dans une économie virtualisée.

  • Quelles sont les richesses que nous avons et que nous n’avions pas hier en Pays de la Loire ?

Terra Botanica est très bien pour découvrir les végétaux.

Plus généralement, l’accès à l’information et à l’innovation sont des progrès.

L’ouverture culturelle, par les jumelages, la construction européenne,… l’éducation (quel que soit le sexe, le milieu social,…), les cursus de formation variés, les possibilités de se former, même adulte… Le fait d’avoir le choix dans toute cette offre !

Les transports en commun ont progressé : bus, tramway,… Mais aussi les réseaux, quels qu’ils soient (routiers, culturels, associatifs,…).

Nous avons la possibilité de nous déplacer rapidement, grâce aux progrès techniques.

L’offre de santé en milieu rural.

L’innovation a permis de créer de nouveaux savoir-faire. Ce savoir-faire pose question : a-t-on davantage perdu ou gagné ? Travaille-t-on le tuffeau mieux qu’avant ?

La possibilité de se déplacer rapidement.

Le progrès technique permet d’avoir des gammes élargies, avec création de labels pour rassurer les consommateurs (progrès ou régression ? ça s’oppose à la simplicité perdue, avec le souci de classer…).

On a aussi du savoir-faire spécifique à notre région, qui crée des choses intéressantes. Ex : les vins du Layon, la construction navale… mais les bateaux sont aussi parfois polluants !?

En agriculture, on reconnaît qu’on sait mieux guérir les maladies. Faut-il se méfier des catastrophes ? le phylloxéra ravagea la viticulture française, mais l’homme su trouver des solutions…

  • Quelles sont les richesses que nous avons préservées ?

Les monuments historiques, par exemple les châteaux de la Loire, et une partie du patrimoine agricole.

Le patrimoine rural, bâti, et le patrimoine naturel : espèces, grands ensembles paysagers,… et la diversité des paysages : bocage, plaine, coteaux…

Diversité des paysages qui spécifie chaque territoire, départements de la région.

La terre (= le sol) ? Oui, si on considère qu’aujourd’hui la terre nous nourrit. Mais c’est une question qui se pose… En tous cas, elle est moins abimée qu’en Bretagne !

La solidarité vis-à-vis des catastrophes naturelles. Mais paradoxalement, on a parfois du mal à s’occuper de son voisin…

On a préservé la démocratie, mais avec un bémol pour la citoyenneté.

L’état d’esprit des gens de Loire : chaleur, écoute, bienveillance… et lien très fort au terroir : cela durera-t-il ? C’est une terre de confluence, et c’est peut-être l’explication.

Les grands vins de Loire ont aussi été préservés, comme l’art culinaire.

La paix, et le climat, sont conservés.

  • Qu’est-ce qui compte le plus ?

Continuer la recherche, l’innovation.

L’Amour : la compréhension de l’Autre, la communication.

La solidarité, le respect des autres.

L’environnement, l’accès aux soins.

La rencontre, le lien avec les autres, avec soi-même, la spiritualité (non religieuse).

La capacité à prendre conscience de l’existence du bonheur, et de ses composantes.

Prendre un petit café après le repas, avec un bon bouquin.

Se poser, prendre du temps dans nos vies rapides.

L’écologie : éviter de dégrader les paysages, de polluer les nappes phréatiques.

La santé et le système de soins qui l’accompagne, et la maîtrise des pollutions.

  • Qu’est-ce qui serait le plus grave de perdre ?

La qualité de l’environnement, qui conditionne la qualité de la vie, et la santé.

L’espoir (de vivre mieux).

La liberté.

Les différences, comme si on rasait le bocage en Nord Mayenne.

Les lieux de rencontres culturelles, les passerelles sociales… les émotions.

La crainte de la virtualisation.

Perdre l’ouverture aux autres, à l’inconnue.

La curiosité !

La gastronomie angevine : éviter d’aller au Mc do !

Tous les acquis d’aujourd’hui, entre autres technologiques.

La capacité à s’émerveiller, pouvoir réagir face à des choses qui nous touchent.

  • Quelles richesses voulons-nous transmettre aux générations émergentes et futures ?

La Nature : elle est de plus en plus discrète, il faut transmettre ce patrimoine, et éviter un « monde technologique », sans arbre, sans être vivant.

Le savoir-faire et être de citoyens responsables de leur environnement.

Les techniques de production durable, et tout ce qu’on va pouvoir encore améliorer.

Les actions mises en place pour préserver les ressources de la planète.

Un environnement naturel préservé, propre et prospère, dans lequel il ferait bon vivre sereinement. La terre doit rester fertile !

La prise de conscience que l’Homme influe sur la façon de vivre.

Une planète apaisée socialement, sans guerre fratricide ni religieuse.

L’art et le bonheur de vivre ensemble, au cœur du projet des gens.

La beauté des paysages de Loire, avoir des espaces qui apportent du bonheur.

La capacité à faire vivre la démocratie en Pays de la Loire.

Le respect du vivant, l’épanouissement individuel au service du collectif.