Imprimer cette page

Les Francas

Jeudi 26 mai 2011, à Nantes,


Débat organisé par l'Union Régionale Francas des Pays de la Loire.

 

Profil des participants:

15 personnes de 25 à 60 ans. Des bénévoles associatifs et des animateurs socio-culturels.

 

  • Quelles sont les richesses que nous avions, et que nous n’avons plus aujourd’hui en Pays de la Loire ?

La place de la famille au sens large (grands parents, parents, enfants)

Les longs séjours en centre de vacances et de loisirs : temps donné à la relation

La certitude du contrat social, de la solidarité institutionnelle (3 personnes)

Le soutien de l’état dans les projets sociaux, l’action dans les quartiers

De moins en moins d’accès aux loisirs pour tous les enfants, jeunes, adultes pour des raisons économiques

Ascenseur social

Temps passé en famille

La volonté politique d’investir dans l’éducation formelle et non formelle (3 personnes)

Donner l’espoir de bien et mieux

Gratuité de l’éducation

 

  • Quelles sont les richesses que nous avons et que nous n’avions pas hier en Pays de la Loire ?

Une offre culturelle diversifiée (2 personnes)

Mobilité internationale plus aisée (3 personnes)

Moyen de communication via internet permettant une expression plus large (5 personnes)

Ouverture sur le monde (culture…)

Espace et outils numériques

Accès à l’information « planétaire »

Emancipation de la femme (deux personnes) mais une image de la femme qui se détériore

Une prise de conscience des enjeux environnementaux

Perte de rites de passage des jeunes

 

  • Quelles sont les richesses que nous avons préservées ?

L’envie de faire des choses ensembles, de vivre ensemble de grands moments (2 personnes)

Le dynamisme des jeunes

Le partenariat, l’échange

L’envie de militer, de faire partager des convictions

La place et rôle de la famille malgré l’éclatement de celles-ci

L’engagement volontaire et associatif

 

  • Qu’est-ce qui compte le plus ?

Redistribution des richesses

L’équité économique et sociale, l’égalité des chances

Une  éducation d e qualité dans les établissements scolaires et les structures de loisirs

La notion de progrès (d’une génération à une autre)

Transmettre un regard positif sur les générations qui suivent.

La capacité d’émancipation et de transformation sociale grâce aux valeurs et actions de l’éducation populaire

Le contrat social

La valorisation des individus

Une éducation de qualité

La solidarité, le partage des richesses, la démocratie

La liberté d’expression et de réunion

L’action citoyenne

Que chaque personne se sente reconnue et fière d’elle

Prendre conscience du coût de l’éducation, mais surtout de ce qu’elle rapporte

 

  • Qu’est-ce qui serait le plus grave de perdre ?

Le rôle majeur de l’éducation nationale (4 personnes)

Dans sa dimension véritable égalité de tous face à l’offre éducative (transmission de savoirs mais formation du citoyen)

Les mouvements d’éducation populaire (militants, place des bénévoles, « dégager » du temps pour le militantisme)

L’école publique

La dimension collective comme source de questionnement interactif entre individus et inter-génération (2 personnes)

L’esprit de solidarité, importance du lien social

Le service public comme un support incontournable de réponse aux besoins (2 personnes)

La protection des minorités et des plus fragiles

La possibilité d’analyse de l’information

La confiance dans les institutions

Nos illusions, la croyance dans le changement possible de modèle social

Le droit de chercher, innover et expérimenter

Droit du travail

Liberté d’expression

 

  • Quelles richesses voulons-nous transmettre aux générations émergentes et futures ?

La liberté de choisir « son » éducation

Avec cependant un socle commun avec des savoir-être, des valeurs à partir de la question « qu’est-ce qu’on veut comme société ? »

L’importance du lien social

La solidarité vers les plus en difficultés

« La chose publique » : le partage, l’engagement au service de la communauté et donc aussi pour soi

Accès aux droits fondamentaux : éducation, santé…

Croire à la capacité de l’homme à créer un monde meilleur – humanisme

Confiance dans l’avenir

L’enthousiasme, l’avenir

Un monde « propre » (développement durable, désarmement…)

Les valeurs de l’éducation populaire, la chose publique, la laïcité, l’engagement

Le respect de l’autre, de la différence, la responsabilisation, la solidarité, l’engagement citoyen

L’envie et la possibilité de se réinterroger sur le système et de le faire évoluer

Ne pas être de « simples « consommateurs, mais des auteurs

Envie d’aller plus loin, de se positionner, d’évoluer, d’avancer

La capacité de permettre aussi un avenir à leurs générations futures

 

Les grands thèmes de richesses qui ressortent des débats (pour aujourd’hui, pour demain) :

La place de la famille au sens large (grands parents, parents, enfants)

Ce qu’on entend sur les parents et le désengagement. Ce n’est pas parce que les parents ou un parent ne travaille pas que les enfants ne peuvent pas aller à l’accueil de loisirs. Cela relève parfois aussi d’un positionnement des associations. Cela culpabilise ou tente de culpabiliser les femmes.

Le soutien de l’état dans les projets sociaux, l’action dans les quartiers

La baisse des soutiens financiers oblige aussi à augmenter les tarifs (au déficit des familles défavorisées économiquement). Il faut qu’on invente ou réinvente et revenir à ce qui nous tient le plus à cœur, et peut-être revenir à des formes d’accueil dans laquelle les activités ont un coup moindre. Et, comment organiser et gérer son équipe pour avoir une valeur ajoutée sans augmenter la charge salariale ? sans s’enfermer dans l’activité ?

Il faut travailler plus en réseau, mutualiser et travailler, organiser plus ensemble.

Enfin, nous ne sommes pas moins pauvres économiquement aujourd’hui, une des questions est donc celle de l’impôt et de la diffusion de l’argent public (priorités…)

La volonté politique d’investir dans l’éducation formelle et non formelle

Il y a quelques années, cela allait de soi. Nous étions des partenaires à part égale. Nous sommes toujours des partenaires intéressants pour les collectivités territoriales, mais pour l’état, ce n’est plus le cas. L’état ne reconnait plus l’engagement des enseignants par exemple comme une valeur ajoutée (exemple : il était autorisé de s’absenter pour un engagement bénévole particulier). L’éducation non formelle avait plus d’importance, peut-être aussi parce que dans les accueils de loisirs, le côté « accueil » a pris le pas sur la partie « éducation ». Les offres de marché public renvoient rarement à une dimension de qualité éducative mais plus à une question d’accueil et de gestion (et encore pas pour tous)

Dans les années 80 des moyens forts ont été donnés au ministère Jeunesse et Sport. Aujourd’hui, les enveloppes se sont totalement vidées.

Il y volonté d’investir dans la jeunesse, mais sans jamais avoir montré la volonté d’organiser ce soutien.

Exemple : le soutien financier via le dispositif Villes Vie Vacances a été diminué à quasi rien. Ce qui veut dire que toutes les actions l’été permettant à des jeunes ne pouvant pas partir en vacances sont aujourd’hui réduites à rien, décision prises par des politiques d’évaluation de plus en plus coercitive.

Dans les associations, cela devient de plus en plus compliqué et techniques sur le champ de l’accueil des enfants durant les loisirs, importance technique imposée par les collectivités. Ce n’est du coup pas le meilleur moyen pour qu’il y ait le souci d’une meilleure qualité éducative en premier.

Il faut revaloriser nos actions qui se différentient des actions privées de loisirs.

Nous avons aujourd’hui une école qui travaille avec peu de moyens au regard des missions des enseignants, et des animateurs qui sont sous-payés parce que pas assez de travail. Il y a sans doute ici quelque chose à faire au niveau des collectivités territoriales. Des animateurs aujourd’hui pourraient être des « aides éducatives » dans les établissements scolaires.

Mobilité internationale plus aisée

Important pour l’autonomie de déplacement, de réflexion politique  aussi pour comprendre que l’on fait partie d’une planète sur laquelle nous ne sommes pas seuls. Un jeune qui ne comprend pas les enjeux de l’économique n’a pas d’analyse sur sa place. Rester vigilant sur le fait que la solidarité doit aussi pouvoir se faire à proximité

Espace et outils numériques

Une nouvelle culture, qui n’empêche pas les amis et de se voir en vis-à-vis. Il faut rester vigilant sur la protection des enfants, sur les formes de risque d’emmagasinage des données par des outils comme facebook. Les jeunes ne sont pas naïfs et savent ce qu’est facebook. D’autres le sont beaucoup moins sur par exemple la protection de l’image privée. Cela fait partie de l’éducation : éduquer à lire son environnement.

Internet est une source d’information impressionnante. L’un des enjeux est de comprendre et de croiser les informations et de vérifier les informations.

Emancipation de la femme mais une image de la femme qui se détériore

De plus en plus de jeunes filles deviennent mères plus tôt pour notamment « s’émanciper » de la famille via ce statut de mère de famille. Insister sur l’allaitement crée aussi une forme de pression sur les femmes.

Faire comprendre à des jeunes que les droits acquis (IVG …) ne vont pas de soi n’est pas aisé, alors que ces droits ne sont pas acquis.

L’envie de faire des choses ensembles, de vivre ensemble de grands moments

Nécessité de vivre des moments festifs, de partager des moments, avoir des politiques publiques qui favorisent ces moments (arrêter ou freiner les subventions sur les très grandes manifestations pour favoriser de plus petites manifestation), impulser des actions d’aménagement d’espaces publics pour favoriser la rencontre. Dans les nouveaux quartiers, comme à la Bottière, ils ont eu ce souci (par exemple des chaises fixées au sol d’une certaine manière, des bancs, des murets où on peut s’asseoir), des terrains de boules sur l’ile de Nantes.

Redistribution des richesses

L’écart entre les plus riches et les plus pauvres a été multiplié par 10 en France. Quelle redistribution des richesses autre que financière ? Comme l’eau, la culture, l’éducation, la mémoire.

Transmettre un regard positif sur les générations qui suivent.

Valoriser les jeunes pour donner confiance et permettre de se sentir bien et de prendre des risques.

La solidarité, le partage des richesses, la démocratie

Par la solidarité, il faut aussi entendre une égalité, ou plutôt une équité permettant à chacun d’accéder à tous les droits (travail, loisirs, éducation…)