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"Entreprises 21"

Vendredi 25 février 2011, à Carquefou (44),

Débat organisé par la mairie de Carquefou (Agenda 21), dans le cadre d'une matinée avec les entreprises de la ville, appartenant au groupe "Entreprises 21".

 

Profil des participants:

12 dirigeants ou responsables de PME de Carquefou, (2 femmes et 10 hommes), âgés entre 25 et 60ans.

 

  • Quelles sont les richesses que nous avions, et que nous n’avons plus aujourd’hui en Pays de la Loire ?

Culture du FC Nantes en déclin. Carquefou les a fait vibrer et tient le niveau maintenant : c’est bien.

Patrimoine industriel, les entreprises LU, Dubigeon, les chantiers navals, la pêche, la culture ouvrière, qui aujourd’hui ont tendance à disparaitre. « Ce patrimoine industriel a muté et la culture ouvrière qui l’accompagnait a disparu ».

Néanmoins, nous avons toujours un savoir-faire dans l’industrie, et d’une industrie lourde on est passé à une industrie de pointe : Mutation industrielle.

On avait un secteur agricole plus important et fort. Les exploitations agricoles disparaissent régulièrement (contraintes de mises aux normes trop chères) maintenant et il existe une forte migration des zones rurales vers les villes. « Diminution des espaces verts, mités par l’habitat » : flux migratoire et dynamiques des bassins d’emplois ont engendré l’augmentation des zones urbanisées au détriment des espaces de verdure.
Il y avait une meilleure qualité des transports avec un réseau routier proportionné aux besoins. Aujourd’hui on commence à réfléchir comme les parisiens : à quelle heure partir pour éviter les bouchons ?... Il y a une saturation dans les transports maintenant.

Attention, le groupe souligne que cette remarque est peut-être spécifique à l’agglomération nantaise : la démographie augmente mais pas les infrastructures ne se développent pas. Le réseau routier n’est plus proportionné aux besoins (périphérique plus adapté, PDU non satisfaisant, tramway ne desservant pas les zones industrielles de Carquefou).

La Loire était plus dynamique. Aujourd’hui elle est de moins en moins navigable donc il y a une diminution des activités liées au fleuve. Et la qualité des eaux est moins bonne.

Il y avait une meilleure notion du civisme. On a plus que des individualités aujourd’hui et moins d’action collective. Le groupe souligne que cette remarque est aussi valable pour d’autres régions de la France.

Cette diminution de civisme serait due entre autre à la perte de la culture ouvrière et au développement d’un esprit urbain contradictoire avec ces valeurs (développement de réseaux sociaux sur le net, perte des réseaux associatifs tels que Castors, etc.)

« Il y avait une autonomie décisionnelle locale ! Aujourd’hui elle est supplantée par les décisions européennes, qui sont parfois incompatibles au niveau local.» Le centre de décision est de plus en plus loin de la population.

On a perdu les conditions d’émergence d’une diversité d’entreprises.

  • Quelles sont les richesses que nous avons et que nous n’avions pas hier en Pays de la Loire ?

Installation d’infrastructures liées à la gestion des déchets, même si les décharges sauvages persistent.

Pôles d’entreprises-recherche : augmentation de la recherche scientifique et des analyses dans la région. Il ya plus de nouvelles technologies proches, plus d’écoles supérieures et de formation. Donc on n’est plus obligé d’aller à Paris pour aller étudier ou faire des analyses. Le groupe précise que les pôles de compétitivité entraînent la spécialisation des bassins d’activités, qui deviennent alors monosectoriels. La recherche et le développement en local sont alors plus difficiles et les « conditions d’émergence de la diversité économique des territoires sont altérées. »

Bonne liaison des transports, avec le TGV et l’aéroport. Des réseaux structurants pour l’acheminement, notamment pour les flux touristiques. D’où un développement touristique important.

Diversité culturelle de la population et mixité sociale grâce à des apports migratoires forts et la décentralisation.

Prise de conscience de notre environnement, des problèmes de pollutions. Prise de conscience qu’il est important de préserver l’environnement dans lequel on vit car on a un patrimoine environnemental (marais salants, littoral.. ;)et culturel précieux. Pour exemple, sont données le concours « ville fleurie », l’issue donnée à l’idée de construire un aérodrome sur les marais salants (impensable aujourd’hui).

  • Quelles sont les richesses que nous avons préservées ?

Attractivité de Nantes et sa qualité de vie.

Protection des zones naturelle et préservation du patrimoine culturel et historique.

Malgré une perte de nombreux espaces verts, il y a toujours des zones protégées, et les zones littorales sont encore en partie sauvages et naturelles, comme le Lac de Grand-Lieu ou le littoral. Ecosystème Terre-Mer préservé en général, tout en développant le tourisme. Ces zones obtiennent le consensus lorsqu’il s’agit de les préserver.

Ville portuaire : la base du développement de notre région est son histoire, tournée vers les voyages maritimes (cf. Jules Verne). Cette histoire a permis de développer une ouverture sur le monde (même si elle était synonyme à une époque d’esclavagisme). Cette ouverture n’est plus aussi forte, mais il existe maintenant sur le pays et l’Europe qui est plus forte. D’où un brassage fort, une grande diversité, un dynamisme.

Il existe une vraie diversité culturelle. Les identités culturelles régionales, diversifiées aujourd’hui qui font que l’on a une « vraie appartenance à un territoire ». Les Pays de la Loire sont un carrefour entre différentes cultures (esp Bretagne et Vendée).

Lien social encore vivant et fort, avec un respect de la personne et de l’autre. Histoire judéo-chrétienne et tradition mutualiste qui ont été conservées. Pour comparaison, est donnée la situation d’être dans une gare à paris : « flot de personnes », « on vit des choses là bas qu’on ne vivrait pas chez nous ».

Le groupe souligne que la ville de Carquefou est certainement privilégiée quant à la verdure et à la qualité des relations humaines : d’autres quartiers nantais n’ont pas cela.

Par exemple, on peut demander son chemin et avoir une réponse. Dans le sud de la France, c’est moins sûr.

L’industrie : on est dans une région où il y a encore de l’industrie, même si elle a connue une forte mutation.

Patrimoine historique : on garde les monuments pour les reconvertir, mais en les préservant (forges de Saint-Nazaire, Fnac de Nantes, Manufacture, Dubigeon, Tour Lu…). Important car sont les signes distinctifs d’une identité locale et des traces de l’Histoire locale.

  • Qu’est-ce qui compte le plus ?

La bonne qualité de vie que l’on connait. (sachant que Carquefou semble être assez privilégiée sur ce point par rapport à la région entière).

Pour préserver cette qualité de vie, nécessaire de trouver d’autres formes d’énergies et des solutions alternatives car « nous aurons de moins en moins d’uranium, de silicium, de cuivre et de pétrole ».

S’adapter en permanence (entre nos racines et la modernité). « Ancrage local vs identité économique » La recherche et l’innovation, pour trouver des solutions.

Que la valeur ajoutée créée soit repartagée localement avec les autres. ; en sachant qu’une entreprise qui s’installe sur un territoire a toujours le but l’en faire bénéficier. Son déménagement est majoritairement dû à une évolution de marché, de contexte (produits pas assez concurrentiels ou baisse de la demande en local).

Permettre aux PME et à l’économie locale de vivre. Le groupe souligne qu’une des typicités de la région Pays de la Loire est la présence importante de PME.

Cette dynamique et cette composition du tissu économique seraient à transmettre aux générations futures.

Une diversité des activités et des filières (en largeur et en profondeur) ; autrement dit à la fois dans les produits et dans les différentes phases de la filière. Pas de « monoactivité » ni de « monostrate » pour un territoire.

Le bien-être des Pays de la Loire est du à « cette diversité en général », c’est-à-dire économique, culturelle, environnementale, sociale…

Avoir plus de travail sur le territoire, des emplois pour tous.

  • Qu’est-ce qui serait le plus grave de perdre ?

L’emploi et la diversité des activités.

La qualité de l’air et de l’eau

Tout le volet agricole que l’on possède encore.

Le patrimoine ligérien culturel, historique et environnemental.

L’énergie (« mais pas à n’importe quel prix ni quel impact »), l’eau propre.

Les valeurs sociétales : respect de l’Homme et de la Nature

Humour : Descendre en ligue 2

  • Quelles richesses voulons-nous transmettre aux générations émergentes et futures ?

Les valeurs sociétales et le respect des autres et de la nature.

Arriver à se projeter dans l’avenir : apprendre à vivre pour soi et pour les autres. « On dépend tous des uns des autres »

Savoir et avoir envie de monter des projets collectifs, sociétaux et durables.

Que la technologie doit rester au service de l’humain et non le contraire.

Valeur d’un ancrage local avec des décisions qui sont prises localement. Rester à l’échelle humaine !

L’esprit d’entreprendre en général (associations, entreprises…), encore lié aux liens sociaux et à la qualité de la diversité économique. Pour exemple sont cités la dynamique insufflée et les défis réalisés par la commune des Herbiers en Vendée, à proximité de Cholet  (participation du territoire importante suite aux … Ou encore le Nord Pas de Calais.

Conviction, volonté, la « nyack », le courage.

Richesse de la DIVERSITE : pour vivre ensemble on est obligé d’admettre, de respecter les contraintes et les autres façons de voir. S’il n’y a qu’une seule façon de voir, l’équilibre est écrasé. « Faut de tout pour faire un monde »

Diversité politique (une région d’un bord politique, la voisine de l’autre)

 

Les grands thèmes de richesses qui ressortent des débats (pour aujourd’hui, pour demain) :

Economie locale, PME, décisions locales.

DIVERSITE : culturelle, économique, industrielle, environnementale…

La vie associative

Entreprenariat

Respect de l’autre et de la nature

Recherche et Innovation