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ENA: epargne Nette Ajustée

L’Epargne Nette Ajustée (ENA), conçue par la Banque Mondiale en 1998/1999, pourrait nous laisser penser qu’elle parle de développement durable, puisqu’elle vise à associer des éléments relevant du social, de l’économie et de l’environnement. Mais son approche exclusivement monétaire et le contenu réducteur des données analysées la situent à un autre niveau. Elle vise, en fait, à calculer les ressources financières disponibles au sein d’une économie à l’issue d’un cycle de production et de consommation. De façon simplifiée, on peut dire que l’ENA tente la synthèse entre :

- un capital environnemental (calculé à partir des atteintes à l’environnement, qui sont évaluées à travers la réduction des stocks d’énergie, de minerais, de forêts, et à travers les dommages générés par les émissions de CO2),

- un capital humain (observé via les montants financiers accordés à l’éducation),

- un capital économique (coûts de la production, moins ceux de la consommation).

 

Outre son aspect seulement monétaire, plusieurs limites apparaissent pour l'ENA, notamment :

- l'éducation n'est abordée qu'à partir de ses coûts et non pas de ces impacts au sein de la société,

- le système de calcul ne permet pas de mesurer l'amélioration ou non du patrimoine total, puisqu'il pondère entre les trois patrimoines. (Ex. peu de moyens accordés à l'éducation peut être "compensé" par beaucoup de coûts de production, et faire apparaître une ENA positive).