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CROS des Pays de la Loire

Jeudi 7 juillet 2011 à Nantes,

Débat organisé par le CROS des Pays de la Loire,

 

Profil des participants:

15 personnes venant des toute la Région, entre 25 et 60 ans. Des dirigeants sportifs, des élus et des enseignants.

 

  • Quelles sont les richesses que nous avions, et que nous n’avons plus aujourd’hui en Pays de la Loire ?

La circulation notamment dans l’agglomération nantaise est devenue moins aisée pour les automobiles.

Accessibilité aux m2 urbains (m2 d’habitation ou de locaux).

Perte des industries.

Perte d’espaces naturels, notamment agricoles (disparition du bocage) et développement de l’urbanisation et d’infrastructures.

La qualité de l’eau se dégrade ou est menacée (exemple l’Erdre) ce qui entrave à terme le développement des sports nautiques.

Beaucoup des infrastructures ont perdu la capacité d’accueillir des grands événements sportifs (internationaux). Les exigences pour obtenir l’homologation sont trop se sont élevées et sont changeantes.

La relation de  proximité entre les personnes s’est réduite avec l’effet des nouvelles technologies. Perte du contact direct.

La relation de proximité dans le monde rural est en régression versus  concentration urbaine.

Les clubs de quartier disparaissent.

Perte d’enthousiasme dans pratique, perte de simplicité, d’immédiateté, de spontanéité et de capacité à y croire : illustré par la perte du « jeu à la nantaise ».

Perte de l’aptitude à vagabonder dans la pratique des APS.

Logique de consommation des enfants en termes de pratique sportive (zapping).

Développement des législations de protection des pratiquants, des jeunes, qui entravent voir découragent les initiatives des dirigeants et enseignants.

Remise en question de l’arbitrage, ce qui n’est pas nouveau mais aujourd’hui se traduit par des actes d’incivilité.

L’engagement bénévole des dirigeants sportifs régresse, plus précisément le bénévolat de responsabilité.

Manque de disponibilité entre temps professionnel, temps bénévole = prêt à donner un coup de main mais pas de prise de responsabilité.

Dans le sport professionnel, la relation entre l’équipe, (les joueurs) et le territoire disparaît en raison des recrutements extérieurs privilégiés et du « turn over » des joueurs.

Les relations entre la vie associative et la vie scolaire sont moins importantes, et constituent un préjudice pour le développement des associations.

 

  • Quelles sont les richesses que nous avons et que nous n’avions pas hier en Pays de la Loire ?

Réappropriation des centres ville par les habitants

Création d’itinéraires balisés (équestre, pédestre, cycliste,…)

Plus grande diversité de l’offre et d’espaces de pratique individuelle.

Professionnalisation du mouvement sportif (création d’emploi de salariés).

Développement et diversification de l’offre de formation professionnelle aux métiers du sport

Développement de l’offre de matériels et équipements individuels

Emergence du droit social dans le sport : signature de la convention collective nationale du sport

Accessibilité de la pratique pour les personnes handicapées dans une logique d’intégration.

Informatisation du traitement des résultats dans les compétitions.

Information du fonctionnement des associations, ligues et comités.

Qualité des espaces de convivialité et d’accueil des pratiquants (vestiaires) dans les équipements qui sont devenus plus adaptés aux attentes des usagers.

Evolutions technologiques du matériel avec les matériaux composites et le rôle  des grands établissements de recherche (ex. Ecole centrale, Ecole des mines)

Apparition de nouvelles formes de pratiques (ex. roller …)

Développement de la diversité de l’offre de pratiques pour tous : féminine, sénior (vétéran)

Développement du suivi médical, plus largement de la dimension santé (hygiène, sécurité, prévention) dans la pratique (sport pour tous comme sport de haut niveau) et prise en compte importante des conduites addictives.

Elévation du niveau de connaissance et de compétence de l’encadrement,

 

  • Quelles sont les richesses que nous avons préservées ?

La Loire et les milieux naturels et la prise de conscience de la valeur de l’eau : souci de préserver la ressource en eau ; ou de concourir à une meilleure préservation (Natura 2000).

La solidarité, l’entraide et la tolérance entre les habitants.

Les « patro » et les amicales laïques et leur rôle dans le maintien du lien social.

La population en pays de la Loire : qualité de vie et bien être

L’esprit éducation populaire :

-              le lien social au travers du système associatif, la dynamique associative.

-              l’enrichissement personnel = l’engagement associatif enrichit l’individu autant que la vie professionnelle : les rencontres, accès à tout le niveau de la société, pas de barrage social, accès à une source d’information, la passion du sport,…

 

  • Qu’est-ce qui compte le plus ?

Préserver,  cultiver, saisir  les opportunités d’une pratique régulière, choisie, partagée dans une association (lien social, engagement, affiliation).

Conserver l’accès à la pratique sportive libre et régulière.

Une vie harmonieuse. Permettre à un maximum de personnes d’avoir accès à la pratique.

-              Prendre plaisir = le contact, la convivialité, dans la nature, la rencontre, le goût des autres.

-              Qualité de l’environnement et du cadre de vie

Permettre l’accès à la pratique,

-              Réussir sa vie. Vivre le plus longtemps possible dans les meilleures conditions de santé.

-              Pouvoir jouer un rôle social

-              Satisfaction de voir aboutir des projets, investissement pour les autres.

 

  • Qu’est-ce qui serait le plus grave de perdre ?

La capacité d’initiative, la liberté du choix.

L’attractivité de l’offre des associations et la valeur de« l’affiliation »  (appartenance et engagement).

-              risque de dérive de pratique sportive individuelle dans son salon

-              risque de disparition du caractère particulier du statut associatif  (innovation, gouvernance, prééminence du projet, caractère non marchand) par l’effet de la directive européenne relative aux services  (transposition de la directive Bolkestein)

-              risque de disparition du « bénévolat à la papa »qui est souvent dénigré, moqué, alors qu’il incarne le dirigeant qui possède des compétences mais qui  privilégie d’abord la bienveillance, la sollicitude l’entraide et l’engagement : c’est un élément de force pour le territoire.

-              Risque que le sport ne soit qu’un produit spéculatif et que sa finalité se limite à la rémunération d’un capital.

 

  • Quelles richesses voulons-nous transmettre aux générations émergentes et futures ?

Education populaire : transmettre la même logique et la même dynamique

Le maintien des valeurs morales : le respect, le gout de l’effort ; le don de soi, l’engagement

Le respect de la parole,

La presse écrite, = que ce ne soit pas une presse

La liberté de parole

Maintenir des installations,

La moralité sportive/ Effet de la mondialisation, risque de standardisation, de l’individualisation ;

Le montage économique du sport et son évolution. La crainte que le développement des partenariats privés/publics privilégie le profit et la rentabilité économique sur l’intérêt général et le bien commun.

Maintenir la possibilité des déplacements car le sport consiste en des rencontres alors que les énergies fossiles vont se raréfier et coûter de plus en plus cher.

Pouvoir transmettre aux générations future la richesse des milliers de bénévoles dans le pays de la Loire et la reconnaissance de leur valeur ajoutée (évaluée à 19 M€).

La transmission :

Les valeurs morales du sport,

L’engagement bénévole,

 

 

Les grands thèmes de richesses qui ressortent des débats (pour aujourd’hui, pour demain) :

Les valeurs du sport propres à favoriser l’épanouissement de la personne  (l’enthousiasme dans pratique, l’immédiateté, la spontanéité et la capacité à y croire) et le lien social (solidarité, tolérance, respect d’autrui, sentiment d’appartenance et engagement mutuel vers des visées communes).

L’impérieuse nécessiter de maintenir et renforcer le fait associatif, lieu d’éducation populaire qui incarne l’innovation sociale, le lien social, avec une gouvernance particulière et qui privilégie le projet collectif dans une logique non lucrative.