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Cadres en Mission

Mardi 22 février 2011, à Nantes,

Débat organisé par la société Cadre en Mission, à Nantes.

 

Profil des participants:

7 personnes, consultants et formateurs de différentes villes des Pays de la Loire.

 

  • Quelles sont les richesses que nous avions, et que nous n’avons plus aujourd’hui en Pays de la Loire ?

La vraie communication est perdue, que ce soit au sein des couples, dans la famille ou au-delà : les gens ne savent plus s’écouter. Ils sont enfermés dans les gadgets technologiques.

Les gens, notamment les plus pauvres et les plus agressifs d’entre eux considèrent de plus en plus que tout leur est dû. Ils sont dans une agressivité perpétuelle par rapport aux questions matérielles. Nous avons perdu la solidarité entre les citoyens.
Respecter davantage l’humain. L’humain  n’est plus au cœur du fonctionnement de la société.

La communication à outrance et la publicité ont des effets pervers. Tout est marketing, même dans l’économie sociale. Un sanctuaire à l’abri de cette hyper-communication que nous subissons serait le bienvenu. Il y a une différence entre être bien informé, trop informé, sous-informé, mal informé…

Un  territoire où il y a une culture, une solidarité entre les citoyens, des transports efficaces qui limitent les embouteillages.

Avant on pouvait donner sa démission quand on le souhaitait et retrouver rapidement un emploi.

L’orientation des enfants doit être améliorée, même si la généralisation du stage de 3ème est une avancée. Aujourd’hui les enfants ne cherchent plus à faire un métier qu’ils aiment, ils courent seulement derrière le CDI, la sécurité. Compte tenu de l’évolution très rapide des métiers, il manque des passerelles qui autoriseraient une plus large ouverture des parcours professionnels. L’école doit davantage « apprendre à apprendre. Elle doit devenir plus juste et limiter les phénomènes de reproduction sociale.

Comment mieux accueillir les personnes plus âgées au sein de la société ? Peut-on imaginer de nouvelles formes d’entraides. Il faudrait en tout les cas valoriser et favoriser toutes les formes d’entraide et de solidarité, par exemple dans le domaine inter-générationel. Dans ce domaine, le conseil régional a le rôle de favoriser les expériences innovantes.

  • Quelles sont les richesses que nous avons et que nous n’avions pas hier en Pays de la Loire ?

La reconnaissance des femmes dans le monde du travail

La diversité des populations, et des modes de vie est une richesse. A l’image de la biodiversité dans un milieu naturel, il est important d’une part qu’une grande variété de populations coexiste et d’autre part il n’y ait pas une espèce qui prédomine.

La Ville doit être davantage accessible et en particulier les trottoirs.

Les loisirs locaux sont une richesse. Partir en vacances ne doit pas être ressenti comme une obligation ; le territoire doit pouvoir offrir des possibilités alternatives séduisantes.

Les déchets deviennent des matières premières.

La sécurité est importante, que ce soit celle des personnes, ou les dangers environnementaux. Pourtant on ne peut pas non plus tout contrôler, sinon on ne développe plus rien.

  • Quelles sont les richesses que nous avons préservées ?

La liberté de choisir et la liberté de s’exprimer sont très importantes, on s’en rend compte quand on voit ce qui se passe dans d’autres pays. La liberté du choix d’éducation pour nos enfants constitue par exemple un important enjeu.

Il est important de pouvoir être assuré de disposer d’un minimum d’autonomie matérielle.

Une région attractive dans laquelle l’économie fonctionne bien, où les entreprises aient envie de s’installer et de se développer.

  • Qu’est-ce qui compte le plus ?

Les relations interpersonnelles comptent beaucoup, que ce soit dans le cercle familial ou dans un cercle plus large.

L’accueil des enfants, la place des enfants est surdimensionnée en termes de consommation, elle reste faible pour le reste.
Quid de l’accueil des enfants dont les parents travaillent en horaires décalés ?
Le débat sur les nouveaux indicateurs a-t-il aussi investi les Lycées. N’exclut-on pas systématiquement les enfants des choix importants ?
Enormément d’enfants handicapés n’ont pas accès à l’école. C’est une situation difficile à imaginer et tout à fait inacceptable.

Des efforts doivent être faits pour accueillir les plus vulnérables dans notre société. Il est important d’accorder un minimum vital à chaque personne, y compris parmi les plus vulnérables.
Les minorités dirigent le système. La finance mène tout, et bien sûr dans les entreprises. Les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. Comment construire et préserver une gouvernance démocratique et une véritable transparence ?

Rapprocher les lieux de travail et d’habitation. Un tissu économique harmonieux en est un moyen, mais aussi une meilleure fluidité du travail, ainsi qu’un accès au logement revisité.

Garantir à chacun le droit à l’erreur afin de valoriser les prises de risques, les démarches innovantes et les parcours originaux.

La confiance est importante : L’omniprésence du pouvoir de l’argent combiné à une hyper-communication subie conduisent à douter de la qualité de l’information qui est transmise. C’est le cas en matière de santé avec le rôle parfois suspect des laboratoires pharmaceutiques (médiator), c’est aussi le cas dans l’alimentation. Des autorités indépendantes des pouvoirs financiers et politiques manquent à notre territoire.

Je n’ai pas l’impression que mon argent est vraiment utilisé pour aider les plus vulnérables. Beaucoup de moyens sont déjà dépensés, pourtant de vrais besoins sont encore à satisfaire. On a l’impression que notre argent (impôts) est mal dépensé. Comment s’assurer d’une bonne affectation des contributions financières des contribuables ? Une évaluation pertinente et convaincante des actions publiques serait une véritable richesse pour notre territoire.

En matière de répartition des temps entre vie professionnelle et vie personnelle, de nouvelles organisations tels que les horaires décalés ou le télétravail permettraient de plus grandes souplesses et apporteraient des avantages à tous : les salariés, les entreprises et la collectivité (moins de bouchons par exemple).

Le développement du temps partagé ou du portage salarial pourrait également constituer une avancée. Il est donc important de donner aux entreprises de nouvelles possibilités en les informant, en les rassurant et en les accompagnants.

  • Qu’est-ce qui serait le plus grave de perdre ?

Appartenir à un territoire, tout en restant ouvert sur les autres territoires et en favorisant les liens et les échanges. Développer par exemple la complémentarité entre Nantes, Rennes, Angers, Le Mans.

Se rapprocher du terroir, être fier de sa région ou de son territoire plus local.
Transmettre la relation à la terre, la vie à la campagne. Il s’est instauré trop d’intermédiaires entre la terre et le consommateur.

Les médecines traditionnelles, notamment locales devrait pouvoir se développer davantage. Elles devraient être plus valorisées.

La liberté de penser et de ne pas faire comme les autres, que ce soit pour les enfants ou pour les adultes. Savoir dire NON, se révolter. Ne pas avoir simplement peur de ne pas être comme les autres.

  • Quelles richesses voulons-nous transmettre aux générations émergentes et futures ?

Démontrer dès l’enfance qu’il y a autre chose que le matériel.

Retrouver du sens, du bon sens aussi.

L’éducation des enfants devrait être prioritaire.

Donner de l’espoir aux enfants, leur donner envie de changer les choses. Ils sont trop défaitistes. Il faudrait transmettre une certaine foi en l’avenir, à travers le développement de l’imagination, de la capacité à rêver.

La reconnaissance est une richesse. Chaque fois que cela est possible, il est utile de reconnaître la valeur de chacun et sa contribution au bien-être collectif. Que ce soit un adulte qui trie, un enfant qui obtient de bons résultats, un salarié qui s’implique efficacement, une association, les personnels médicaux ou même ceux des enseignants qui se donnent à fond pour leurs élèves.

Il est important d’assurer un traitement équitable de chacun dans toutes les étapes de la vie d’un citoyen : devant un tribunal, sur les bancs de l’école, en entreprise… le sexe, la culture, l’âge d’éventuels handicaps le fait d’être riche ou pauvre, aucun de ces facteurs ne devrait influer significativement.

L’agriculture doit rester présente sur tous les territoires. Cela suppose des aides différenciées en fonction des difficultés de chaque type d’exploitation.  

Les grands thèmes de richesses qui ressortent des débats (pour aujourd’hui, pour demain) :

Pour aujourd’hui :
La liberté,
Santé, dépendance, entraides et les handicapés
Le travail


Pour demain :
Agir auprès des enfants
La justice, l’équité
Le respect, la reconnaissance
Les plus vulnérables
Le travail
La relation à la terre
La sécurité et la prévention
L’innovation