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ATTAC 49

Vendredi 15 avril 2011, à Angers,

Débat organisé par le réseau ATTAC 49, à la bourse du travail de la ville d'Angers.

 

Profil des participants:

12 personnes entre 25 et 60 ans. Etaient présents des salariés, des étudiants, des bénévoles, des actifs et des retraités.

 

  • Quelles sont les richesses que nous avions, et que nous n’avons plus aujourd’hui en Pays de la Loire ?

Le contact humain: nous sommes de moins en moins amenés à se rencontre, à débattre, plutôt à s'opposer. Oui, le contact humain se perd, tout est de plus en plus normalisés,  de nouveaux comportements sociaux sont à adopter

Le contact humain moins présent: je suis informaticien, est-ce que je ne contribue pas à ça ? Par rapport aux services publics, à la médecine, par exemple: on fera bientôt des diagnostics en ligne?

Une certaine vie de clocher, vie de village, vie sociale, vie culturelle

"Vivre et travailler au pays": les gens font la route pour travailler à la ville, obligé de se déplacer vers des centres urbains, obligé d'avoir une voiture

Le tissu de petites entreprises, la diversité d'un savoir-faire artisanal, pleins de métiers (exemple du textile à Cholet)

Le secteur industriel en berne (exemple des chantiers navals)

Les rues très commerçantes dans les villes, perte des petits magasins au profit des supermarchés, désertification des commerces de la bouche (boucherie, charcuterie, boulangerie, bistrots) remplacés par banque et assurance. Perte de la relation aux commerçants

Le patrimoine: uniformisation?

Les paysans sont devenus des exploitants

Des fermes à taille humaine: plus grandes exploitations, moins de maillage, plus d'étalement des villes, plus d'autoroutes

Baisse de la biodiversité. Au contraire, jamais autant de biodiversité protégée... oui, dans la ville... si, perte dans les campagnes, avec le remembrement

Une terre fertile, de l'eau saine: on n'a plus cette liberté de se dire, on va se baigner dans un cours d'eau

La capacité d'insérer les « populations hors normes »: dans le village, on intégrait le simplet, le vieux par un petit boulot qu'on faisait faire

Du point de vue des transports: avant, il y avait beaucoup plus de trains dans les zones rurales: des chemins à la place de l'ancienne ligne de chemin de fer, des gares fermées

Perte du maillage territorial: on a tendance à regrouper tous dans des centres urbains

Rentabilisation du service public: baisse de qualité, même si plus de services publics  quantitativement (exemple de la fermeture des tribunaux)

Une certaine forme de plein-emploi: il s'est passé quelque chose dans les années 80. Dans les quartiers, les endroits dégradés économiquement, socialement: avant, les gens vivaient bien: plus personnes ne dit cela

Les gens ont voulus du pas cher, des grandes surfaces. Sans les grandes surfaces, ce ne serait pas possible. Non, parce que les légumes, en fait, sont parfois moins cher sur le petit marché du quartier

Le temps privé individuel croqué par le temps de travail

Le temps social dans l'entreprise: c'est bien plus difficile de prendre le temps de discuter 5 minutes avec les collègues pour prendre des nouvelles avant de se mettre au boulot. Les 35h? ça nous oblige à être plus intensif? Exemple des facteurs ne peuvent plus parler avec les gens, qui travaillent plus. même si le courrier va plus vite...non, avant, 2 tournées! Maintenant le maillage est  meilleur

Perte du sens du collectif: on se sent isolé. on l'est!On est devant la télé

  • Quelles sont les richesses que nous avons et que nous n’avions pas hier en Pays de la Loire ?

Beaucoup moins d'exclusions vis-à-vis des femmes, des homosexuels, des immigrés, des gens vulnérables à cause du progrès des mœurs, notamment en ville. Peut-être un pas de géant sous une certaine forme. Mais à chaque époque, son bouc-émissaire: avant, c'était celui du village d'à-côté, maintenant on repousse plus loin.

L'image positive des Pays de la Loire, Nantes, Vallée de la Loire: les paysages, le dynamisme, la douceur, la qualité de vie. on l'avait avant, non? Je suis gêné par la valorisation marketing qui va avec « Pays de la Loire ». Je suis d'accord, la région est plus connue.

On retrouve des initiatives locales qui remettent en place des choses qui ont été oubliés, on revient à des pratiques (même si ça a évolué techniquement), des solidarités, circuits courts, habitat sain... exemple d'une épicerie ré-installée dans un village où y en avait plus. les gens veulent revenir en arrière? Non, mais dans les années 80, les gens ont aimé être « chez soi » en n'ayant plus envie de revenir au village, mais dans les villages, tout se savait, c'était vécu comme une intrusion, un manque de respect de la vie personnelle.  Je n'ai pas forcément envie d'être en familiarité avec les 36 personnes de ma tour, la vie d'aujourd'hui, ça me va, ça évite beaucoup de problèmes entre les voisins. Donc il faut faire la différence avec la collectivité volontaire, non subie.

Les moyens de communication: avant dans certains villages, il n'y avait le téléphone que chez le curé. Aujourd'hui, internet, les téléphones portables, etc permettent de communiquer bien plus facilement.

Des lieux publics plus ouverts: bibliothèque, musées, lieux de culture (même s'ils ne sont pas assez utilisés!), de plus en plus en propositions culturelles réparties sur l'ensemble du territoire

Une liberté théorique d'expression: des espaces d'expression se sont ouverts. La démocratie participative (à l'exemple de ce soir) permet d'écouter davantage les citoyens. C'est vraiment dans l'air du temps

Le progrès des infrastructures, notamment médicales, culturelles, les lycées, les universités

Les autoroutes: exemple du trajet Nantes/Angers en 45 minutes. c'est ça aussi la démocratie

Pouvoir se rencontrer, c'est du pouvoir de vie augmenté.

Maintenant, on peut guérir le cancer. C'était vrai il y a 20 ans, mais ce n'est plus vrai aujourd'hui avec les hôpitaux qui ferment. Et il n'y avait pas autant de cancer avant!

Le progrès scientifique, même s'il a des limites: La vitesse permet d'être plus mobile, notamment pour casser la vie de village trop étouffante, mais ce serait important de prendre le temps, par exemple de ne pas voyager tous les ans, de prendre le temps de se connaître, de connaître chez soi

Plus d'infos en tous genres

Diversité alimentaire plus grande. Par exemple la viande! Maintenant on peut manger quand on veut un rôti de boeuf, avant c'était le plat du bourgeois. Oui, mais l'obésité grandit chez les enfants! Et puis c'est disponible théoriquement pour tout le monde, pas en pratique pour ceux qui n'ont pas les moyens.

On travaille moins, en étant plus efficace: à l'étranger, les français ont la réputation d'être efficace. Mais on le perd

La diversité culturelle, grâce à la multiplication des migrations, on  se sent plus proches. Avant on croisait des bretons, par exemple, puis les migrants sont venus de plus loin (africains, portugais, ...)

Plus d'espaces, de temps de loisirs (exemple de la Loire à Vélo)

Le niveau de formation a augmenté dans la région

Le sentiment d'égalité à progressé

  • Quelles sont les richesses que nous avons préservées ?

Une société civile dynamique (les associations, l'économie sociale et solidaire, etc). Oui mais c'est encore un cercle restreint. Comme l'engagement politique: tout le monde ne s'y met pas. On a la chance de tomber dedans ou pas! L'investissement de chacun est moins durable, on a plutôt des engagements ponctuels, du coup par coup

La sécurité civile: globalement, on se sent bien à marcher dans les rues, on n'a pas peur des gens, t'es pas flingué pour un oui pour un non comme dans certains pays. Respect de la liberté individuelle.

Les patrimoines, tout au long de la vallée de la Loire. Nous avons su préserver des spécialités, la vigne, des savoir-faire (comme la taille de pierre, la forge d'art...)

La préservation et l'entretien de l'habitat. Les maisons sont bien retapées, presque plus de ruines. L'isolation des bâtiments à progressé (double-vitrage, économies d'énergie...). Mais quid de la créativité architecturale? Le Quai a fait scandale, par exemple. À Rennes, des jeunes architectes ont pu inventer, créer. Ce qui n'est pas le cas à Angers: le patrimoine futur ne va pas être écrit tout de suite puisqu'il y a très peu de d'architecture contemporaine

Un beau pays, un beau paysage, au niveau de l'oeil, notamment.

La diversité agricole a plutôt été préservée par rapport à d'autres régions

Les services publics, mais nous sommes peut-être à la bascule, sur un fil

Je ne sais pas s'il y a beaucoup de richesses: il n'y a pas une culture spécifique (comme une langue, contrairement à la Bretagne, au pays Basque), pas non plus de grosse pression industrielle qui a changé les vies, comme dans le Nord. Contre-exemple: après avoir été exilé dans l'Est pendant 3 ans, j'ai pris conscience qu'ici on a la curiosité d'aller de l'avant, on se lance plus facilement dans une reconversion économique. Ça s'oppose à un fatalisme ambiant dans l'Est.

Il faudrait préserver le peu qui reste de certaines industries ou savoir-faire: la culture du champignon, les mines d'ardoise. Mais les gens ne veulent plus faire les mêmes métiers

Les Pays de Loire; il n'y a aucune raison d'y venir, une fois qu'on y est, il n'y a aucune raison d'en partir! Peut-être est ce la douceur angevine? la Loire? Paris en TGVen 1h30? la mer proche?

Nous avons su préserver la bonne humeur

La création artistique, qui s'est aussi beaucoup développée

  • Qu’est-ce qui compte le plus ?

Le bien-être de chacun, que chacun puisse avoir le choix de sa vie, là où on a envie, notamment pour son boulot. Ça implique énormément de choses en termes d'aménagement du territoire

Le moins de contraintes possibles pour moi mais que  les autres n'en aient pas: mon absence de contrainte ne doit pas en créer pas pour les autres

Pouvoir changer de mode de vie, de lieux de vie, etc... les autres aussi. Mais vivre en société suppose des contraintes, de l'éthique. Ma liberté s'arrête là commence celles des autres

Pouvoir avoir conscience de l'impact de mes choix sur les autres, sur la société. Ce n'est pas assez transmis par l'éducation

La qualité de vie, qui nécessite un certain niveau de vie. Malheureusement, ce qui compte aujourd'hui, c'est la finance, les revenus. ce qu'on peut avoir fait envie. l'argent, c'est ce qui compte le plus.

Un salaire qui puisse me faire vivre convenablement, pas la démesure, pour ne pas toujours être dans la facilité, mais pour ne pas être dans la survie financière. En pays de Loire, on accepte des salaires plus bas qu'ailleurs.

Mettre du collectif dans nos vies.

Le respect des personnes, une solidarité active. Surtout une solidarité spontanée: savoir qu'en cas d'accident, des passants inconnus viendront à mon secours

Avoir un travail, un salaire, avoir le cadre de vie qui va avec, comme un quartier calme mais animé de temps en temps

Des loisirs, comme la Loire à Vélo

Une histoire régionale qu'on puisse partager

Des services publics, comme moyen de socialisation, basés sur des valeurs éthiques, sur le collectif

Le temps: pouvoir garder et prendre son temps, pouvoir se défaire des fausses contraintes organisées par le monde, prendre le temps de vivre dans la proximité, en faisant en sorte que les services existent pas loin

L'éducation, pour un accès le plus large aux connaissances, aux cultures, aux arts

Des valeurs éthiques: je ne suis pas prêt à prendre n'importe quel boulot si ça nuit à quelqu'un, pas prête à n'importe quoi pour gagner ma vie: Pôle emploi t'envoie un boulot pour l'armement? Tu ne peux pas refuser: une contrainte que l'on devrait pas avoir

L'impact du travail sur sa santé : il faudrait pouvoir dire les difficultés dans l'entreprise, être vraiment épaulé par un ensemble, un collectif

Les valeurs morales. Mais chacun ses valeurs

  • Qu’est-ce qui serait le plus grave de perdre ?

Un environnement de bonne qualité: eau, terre, air, biodiversité

La fertilité des sols (devenue artificielle): un risque pour l'humanité. Le minimum vital pour l'humanité: la terre, l'eau, les écosystèmes.

Une « vivabilité » si on imagine un accident de la centrale nucléaire de Chinon, une partie de la région devient invivable

La diversité culturelle, religieuse, laïcité, etc.

La capacité individuelle d'innover, de créativité

Les services publics

Une cohésion sociale: la solidarité organisée entre les générations, pour reconnaître que chaque génération a ses difficultés et éviter qu'on se stigmatise

  • Quelles richesses voulons-nous transmettre aux générations émergentes et futures ?

Les connaissances, les idées de projets alternatifs

Tout ce dont j'ai profité, comme les services publics, l'éducation, la culture

Le plaisir de ce qui n'est pas « rigidifié » face à l'impression que les générations à venir sont plus normalisées, ce qui était moins le cas quand on avait 20 ans

Le dynamisme d'entreprendre, en développant un tissu d'activités indépendantes, permettant de créer sa propre activité avec d'autres aussi

Les savoir-faire

Le goût d'initier, d'entreprendre des projets

Des espaces sociaux permettant de garder du contact entre les gens (comme on peut le faire là ce soir), permettant de rester ancrés dans le réel, par rapport aux mondes virtuels.